Les Évangiles

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Jean

L’Évangile selon Jean

1 1Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. 2Il était au commencement près de Dieu. 3Toutes choses ont été faites par lui, et sans lui, rien n’a été fait. 4Ce qui a été fait en lui était vie, et la vie était la lumière des hommes ; 5et la lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont point saisie. 6Il y eut un homme envoyé de Dieu ; son nom est Jean. 7Il vint en témoin, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous les hommes eussent la foi par lui. 8Il n’était pas la lumière, mais il vint pour rendre témoignage à la lumière. 9(Le Verbe) était la véritable lumière qui, venant dans le monde, éclaire tout homme. 10Il était dans le monde, et le monde a été fait par lui, et le monde ne l’a pas connu. 11Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas reçu. 12Mais à tous ceux qui l’ont reçu, il a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu ; à ceux qui croient en lui, 13qui ne sont nés ni du sang, ni du désir de la chair, ni du désir d’un homme, mais de Dieu. 14Et le Verbe s’est fait chair, et il a dressé sa tente parmi nous, et nous avons contemplé sa gloire, la gloire qu’un Fils unique reçoit de son Père, plein de grâce et de vérité. 15Jean lui rend témoignage et s’écrie : « Voici celui dont je disais : Celui qui vient après moi est passé devant moi, car il existait avant moi. » 16De sa plénitude nous avons tous reçu, et grâce après grâce ; 17car si la loi fut donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ. 18Nul n’a jamais vu Dieu : le Fils unique qui est dans le sein du Père, c’est lui qui l’a révélé. 19Voici quel fut le témoignage de Jean lorsque les Juifs envoyèrent de Jérusalem des prêtres et des lévites pour lui demander : « Qui es-tu ? » 20Il fit cette déclaration qu’il confirma sans tergiverser : « Je ne suis point le Christ. » — 21« Eh bien ! alors, lui demandèrent-ils, es-tu Élie ! » Il dit : « Je ne le suis pas. » — « Es-tu le Prophète ? » Il répondit : « Non. » 22Ils reprirent : « Qui es-tu donc ? que nous puissions donner réponse à ceux qui nous ont envoyés. Que dis-tu de toi-même ? » 23Il répondit : « Je suis une voix qui crie dans le désert : Aplanissez le chemin du Seigneur, comme l’a dit le prophète Isaïe. » 24Certains des envoyés étaient des pharisiens. 25Ils continuèrent à le questionner : « Si tu n’es ni le Christ, ni Élie, ni le Prophète, de quel droit baptises-tu ? » 26Jean répondit : « Pour moi, je baptise dans l’eau. Mais au milieu de vous, se trouve quelqu’un que vous ne connaissez pas. 27C’est celui qui vient après moi ; et je ne suis pas digne de délier la courroie de ses chaussures. » 28Ce dialogue eut lieu à Béthanie, au-delà du Jourdain, où Jean baptisait. 29Le lendemain, il vit Jésus venir à lui et il dit : « Voici l’Agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde. 30C’est lui dont je disais : Après moi vient un homme qui est passé devant moi, parce qu’il existe avant moi. 31Je ne le connaissais pas, mais, si je suis venu baptiser dans l’eau, c’est pour qu’il fût manifesté à Israël. 32(Jean avait fait cette « déclaration : J’ai vu l’Esprit descendre du ciel comme une colombe, et se poser sur lui.) » 33Pour moi donc, je ne le connaissais pas, mais celui qui m’a donné la mission de baptiser dans l’eau m’avait dit : « Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et se poser, c’est lui qui baptise dans le Saint-Esprit. 34Je l’ai vu, et j’atteste qu’il est le Fils de Dieu. » 35Le lendemain, Jean se trouvait encore là avec deux disciples. 36Regardant passer Jésus, il dit : « Voici l’Agneau de Dieu. » 37Ses deux disciples l’entendirent et allèrent vers Jésus. 38Voyant qu’ils le suivaient, Jésus se retourne : « Que désirez-vous ? » dit-il. Ils répondirent : « Rabbi (ce mot signifie Maître), où demeures-tu ? » — 39« Venez voir », leur dit-il. Ils allèrent voir où il demeurait, et ils restèrent avec lui ce jour-là. C’était environ la dixième heure. 40L’un des deux disciples qui avaient entendu les paroles de Jean et qui avaient suivi Jésus, était André, le frère de Simon-Pierre. 41Il alla aussitôt trouver son frère et lui dit : « Nous avons découvert le Messie (ce mot signifie Christ) ». 42Il l’amena à Jésus, qui le regarda et lui dit : « Tu es Simon, fils de Jean ; tu t’appelleras Céphas (ce mot signifie Pierre) ». 43Le lendemain, Jésus avait l’intention de se rendre en Galilée. Il rencontre Philippe et lui dit : « Suis-moi. » 44(Philippe était de Bethsaïde, la ville d’André et de Pierre.) 45Philippe rencontre Nathanaël et lui dit : « Nous avons trouvé celui dont Moïse a parlé dans la loi, et qu’ont annoncé les prophètes : c’est Jésus, le fils de Joseph, de Nazareth. » 46Nathanaël lui répondit : « Peut-il sortir de Nazareth quelque chose de bon ? » Philippe lui répondit : « Viens voir. » 47Jésus, voyant Nathanaël venir à lui, dit : « Voici un véritable Israélite, en qui il n’y a point de tromperie. » 48Nathanaël lui dit : « D’où me connais-tu ? » — « Avant que Philippe t’appelât, répondit Jésus, quand tu étais sous le figuier, je t’ai vu. » 49Nathanaël reprit : « Maître, tu es le Fils de Dieu, tu es le roi d’Israël. » 50Jésus lui répondit : « Parce que je t’ai dit que je t’avais vu sous le figuier, tu crois ! Tu verras de plus grandes choses encore. » 51Et il ajouta : « En vérité, en vérité je vous le dis, vous verrez le ciel ouvert, et les anges de Dieu monter et descendre au-dessus du Fils de l’Homme. » 5Saisie : deux sens possibles : ne l’ont point accueillie, ou : ne l’ont point arrêtée. 13Qui ne sont nés… : certaines versions et quelques Pères de l’Église appliquent ce verset au Christ et lisent : lui qui n’a été engendré ni par le sang, ni par la chair (c’est-à-dire : les créatures), mais par Dieu. 16Autre traduction : grâce pour grâce dans le sens de : la grâce de la nouvelle Alliance prenant la place de l’ancienne. 19Dans l’Évangile de Jean, l’expression les Juifs désigne le plus souvent les autorités religieuses juives. 21Sur le retour d’ Élie, voir Mt 17.10 et Mal 3.23. — Le Prophète : le Messie sera prophète, le vrai Prophète. 39La 10ème heure : 4 heures du soir. 45Nathanaël est parfois identifié à Barthélemy (Mt 10.3).

2 1Deux jours après, on célébrait des noces à Cana, en Galilée. La mère de Jésus y était ; 2et Jésus fut également invité avec ses disciples. 3Le vin manqua. La mère de Jésus lui dit : « Ils n’ont plus de vin. » 4Jésus lui répondit : « Femme, en quoi cela nous concerne -t-il ? Mon heure n’est pas encore venue. » 5Sa mère dit aux serveurs : « Faites ce qu’il vous dira. » 6Or il y avait là, destinées aux ablutions des Juifs, six auges de pierre, qui contenaient chacune deux ou trois mesures. 7Jésus leur dit : « Remplissez d’eau ces auges. » Ils les remplirent jusqu’au bord. 8« Puisez maintenant, leur dit-il, et portez-en au maître d’hôtel. » Et ils en portèrent. 9Le maître d’hôtel goûta cette eau changée en vin et, ignorant sa provenance (tandis que les serveurs qui avaient puisé l’eau la connaissaient bien), il se tourna vers l’époux 10et lui dit : « L’usage est de servir d’abord le bon vin, puis, lorsqu’on a bu copieusement, le moins bon. Mais toi, tu as gardé le meilleur jusqu’à maintenant. » 11Tel fut, à Cana en Galilée, le premier des miracles de Jésus. Il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui. 12Après cela, il descendit à Capharnaüm avec sa mère, ses frères et ses disciples ; mais ils n’y demeurèrent que peu de jours. 13La Pâque des Juifs approchait, et Jésus monta à Jérusalem. 14Dans le temple, il trouva les marchands de bœufs, de moutons et de pigeons et les installations des changeurs. 15Il fit un fouet de cordes et les chassa tous du temple ainsi que les moutons et les bœufs ; il jeta par terre la monnaie des changeurs et renversa leurs comptoirs. 16Il dit aux marchands de pigeons : « Ôtez cela d’ici ; ne faites pas de la maison de mon Père un bazar de trafic. » 17Ses disciples se rappelèrent alors qu’il est écrit : Le zèle de ta maison me dévore (Ps 68.10). 18Les Juifs intervinrent alors : « Pour agir de la sorte, dirent-ils, quel signe nous donnes-tu ? » 19Jésus répondit : « Détruisez ce temple, et en trois jours je le relèverai. » 20Les Juifs repartirent : « On a mis quarante-six ans à bâtir ce temple, et toi, en trois jours, tu le relèveras ? » 21Mais il parlait du temple de son corps. 22Aussi, lorsqu’il fut ressuscité des morts, ses disciples se rappelèrent ce qu’il avait dit là, et ils ajoutèrent foi à l’Écriture et à la parole de Jésus. 23Pendant que Jésus célébrait à Jérusalem la fête de Pâque, bien des gens crurent en lui, à la vue des miracles qu’il opérait. 24Mais Jésus ne se fiait point à eux, parce qu’il les connaissait tous 25et n’avait besoin d’être renseigné sur personne ; car il savait, lui, ce qu’il y a dans l’homme. 12 jours après : litt. le 3ème jour (après la rencontre avec Nathanaël). Si on compte les jours depuis Jn 1.19 (cf. Jn 1.29,35,41,43 ; Jn 2.1), on obtient 7 jours qui aboutissent aux noces de Cana. 4Femme : cf. Jn 19.26. 4Concerne : litt. : Quoi pour moi et pour toi ? : sémitisme utilisé pour écarter une question ou une réponse importune (cf. 2 Sa 16.10 ; Jn 19.23 etc.). 6Ablutions : voir Mc 7.3-4 où l’on parle de ces purifications coutumières chez les Juifs. 6Les mesures sont d’environ 40 litres. 11Miracles : litt. signes. Le mot est fréquemment utilisé dans l’Évangile de Jean (cf. Jn 2.18 ; Jn 3.2 ; Jn 4.48 ; Jn 6.2 etc.). Avec les oeuvres (Jn 5.36 ; Jn 14.11-12 etc.), il fait partie du vocabulaire johannique, qui suggère constamment que Dieu n’est jamais vu immédiatement, mais qu’il fait signe, qu’il appelle, qu’il se révèle à travers des événements, des signes. Par eux, il invite à croire.

3 1Il y avait parmi les pharisiens un notable des Juifs, nommé Nicodème. 2Cet homme vint, de nuit, trouver Jésus et lui dit : « Maître, nous savons que tu es un docteur venu de Dieu : personne ne peut faire les miracles que tu fais, si Dieu n’est avec lui. » 3Jésus lui répondit : « En vérité, en vérité je te le dis, à moins de naître d’en haut, nul ne peut voir le royaume de Dieu. » 4Nicodème lui dit : « Quand on est vieux, comment peut-on renaître ? On ne peut tout de même pas rentrer dans le sein de sa mère et naître une seconde fois ! » 5Jésus répondit : « En vérité, en vérité je te le dis : à moins de naître de l’eau et de l’Esprit, nul ne peut entrer dans le royaume de Dieu. 6Ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est né de l’Esprit est esprit. 7Ne t’étonne pas que je t’aie dit : Il vous faut naître d’en haut. 8Le vent souffle où il veut, et tu entends le bruit, mais tu ne sais d’où il vient ni où il va. Il en est ainsi de tout homme qui est né de l’Esprit. » 9Nicodème reprit : « Comment cela peut-il se faire ? » 10Jésus répondit : « Tu es docteur en Israël et tu ne comprends pas ce langage ! 11En vérité, en vérité je te le dis, nous disons ce que nous savons, nous attestons ce que nous avons vu, mais vous n’acceptez point notre témoignage. 12Si vous ne me croyez pas quand je vous parle de la terre, lorsque je vous parlerai du ciel, comment me croirez-vous ? 13Or, nul n’est monté au ciel, si ce n’est celui qui en est descendu, le Fils de l’Homme, qui est dans le ciel. 14Et comme Moïse éleva le serpent dans le désert, il faut de même que le Fils de l’Homme soit élevé, 15afin que tout homme qui croit en lui ait la vie éternelle. » 16En effet, Dieu a tant aimé le monde, qu’il a donné son Fils unique ; ainsi, tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais aura la vie éternelle. 17Car Dieu n’a point envoyé son Fils dans le monde pour le condamner, mais pour que le monde soit sauvé par lui. 18Celui qui croit en lui n’est pas condamné, mais celui qui ne croit point est déjà condamné parce qu’il n’a pas cru au Fils unique de Dieu. 19Or voici ce jugement : la lumière est venue dans le monde, et les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises. 20Car tout homme qui fait le mal déteste la lumière et ne vient point à elle, de peur que ses œuvres ne soient réprouvées. 21Mais celui qui fait la vérité vient à la lumière. Il devient ainsi manifeste que ses œuvres sont faites en Dieu. 22Après cela, Jésus se rendit avec ses disciples dans la campagne de Judée. Il y séjournait avec eux et baptisait. 23Jean aussi baptisait à Énon, près de Salim, parce qu’il y avait là beaucoup d’eau ; et les gens venaient s’y faire baptiser. 24Car Jean n’avait pas encore été mis en prison. 25Or il s’éleva une discussion entre les disciples de Jean et un Juif au sujet de la purification. 26Ils allèrent s’en référer à Jean : « Maître, dirent-ils, celui qui était avec toi au-delà du Jourdain, celui à qui tu as rendu témoignage, le voici qui baptise, et tous vont à lui ! » 27Jean répondit : « Nul ne peut s’attribuer que ce qui lui a été donné du ciel. 28Vous m’êtes vous-mêmes témoins que j’ai dit : Je ne suis point le Christ, mais je suis envoyé devant lui. 29Celui qui a l’épouse, c’est l’époux ; mais l’ami de l’époux, qui se tient à ses côtés et qui l’écoute, est ravi de joie au son de sa voix. C’est là ma joie, qui est complète. 30À lui de grandir, à moi de m’effacer. » 31Celui qui vient d’en haut est au-dessus de tous. Celui qui vient de la terre est terrestre, et il parle de choses terrestres. Celui qui vient du ciel est au-dessus de tous. 32Il atteste les choses qu’il a vues et entendues, mais personne n’accepte son témoignage. 33Celui qui accepte son témoignage confirme ainsi que Dieu est vrai. 34En effet, celui que Dieu a envoyé parle le langage de Dieu, car Dieu départit l’Esprit sans mesure. 35Le Père aime le Fils, et il lui a confié toutes choses. 36Celui qui croit au Fils a la vie éternelle ; celui qui ne croit pas au Fils ne verra point la vie, mais le courroux de Dieu pèse sur lui. 3D’en haut : on peut aussi traduire de nouveau. De même au v. 7. 5De l’eau : allusion au baptême. 8Le grec, comme l’hébreu, utilise le même terme pour exprimer vent et esprit ; d’où le jeu de mots intraduisible tel quel. 13Qui est dans le ciel : ces mots manquent dans plusieurs manuscrits. 14Voir Nb 21.4-9. Moïse avait fait dresser un serpent d’airain dont le seul aspect guérissait les Hébreux. L’Évangile de Jean y voit un symbole du Christ en croix, qui porte le salut au monde. 18Ce verset est caractéristique de la manière johannique qui montre le salut au présent : c’est aujourd’hui, maintenant, que celui qui croit est (déjà) sauvé ; de même : qui ne croit point est déjà condamné.

4 1Le Seigneur apprit que les pharisiens avaient entendu dire qu’il faisait plus de disciples et en baptisait plus que Jean, 2(toutefois, ce n’était pas Jésus qui baptisait, mais ses disciples) ; 3il quitta la Judée pour regagner la Galilée. 4Or il avait à traverser la Samarie. 5Il arriva donc dans une localité de Samarie, nommée Sichar, près de la terre que Jacob avait donnée à son fils Joseph. 6Il y avait là le puits de Jacob. Jésus, fatigué du voyage, s’était assis sur le bord du puits. Il était environ midi. 7Une femme de Samarie vint puiser de l’eau. Jésus lui dit : « Donne-moi à boire. » 8(Ses disciples étaient allés en ville chercher des provisions.) 9La Samaritaine lui dit : « Comment ! toi, Juif, tu me demandes à boire, à moi, Samaritaine ! » (Les Juifs en effet n’ont pas de relations avec les Samaritains.) 10Jésus lui répondit : « Si tu connaissais le don de Dieu, et qui est celui qui te dit : Donne-moi à boire, c’est toi qui le lui aurais demandé, et il t’aurait donné de l’eau vive. » 11La femme lui dit alors : « Seigneur, tu n’as rien pour puiser, et le puits est profond. D’où tires-tu donc cette eau vive ? 12Es-tu plus grand que notre père Jacob, qui nous a donné ce puits dont il a bu lui-même, ainsi que ses fils et ses troupeaux ? » — 13« Quiconque boit de cette eau, lui répondit Jésus, aura soif à nouveau ; 14mais celui qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura plus jamais soif. L’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source qui jaillira jusque dans la vie éternelle. » 15La femme reprit : « Seigneur, donne-moi de cette eau, afin que je n’aie plus soif, et que je n’aie plus à venir puiser ici ! » — 16« Va chercher ton mari, lui dit Jésus, et reviens. » 17La femme répondit : « Je n’ai pas de mari. » Jésus reprit : « Tu as raison de dire que tu n’as pas de mari. 18Tu en as eu cinq, et celui que tu as maintenant n’est pas le tien. En cela tu as dit vrai. » — 19« Seigneur, dit la femme, je vois que tu es un prophète ! 20Nos pères ont adoré sur cette montagne, et vous dites, vous, que le lieu où il faut adorer se trouve à Jérusalem. » 21Jésus dit : « Femme, crois-moi, l’heure vient où ce ne sera ni sur cette montagne ni à Jérusalem que vous adorerez le Père. 22Vous adorez, vous, ce que vous ne connaissez pas ; nous adorons, nous, ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs. 23Mais l’heure vient, et c’est maintenant, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité ; tels sont en effet les adorateurs que le Père désire. 24Dieu est esprit, et il faut que les adorateurs l’adorent en esprit et en vérité. » 25La femme lui dit : « Je sais que le Messie (qu’on appelle Christ) doit venir. Lorsqu’il sera venu, il nous fera tout connaître. » 26Jésus lui dit : « C’est moi, qui te parle. » 27Là-dessus, ses disciples arrivèrent ; ils se montrèrent surpris de ce qu’il s’entretînt avec une femme. Pourtant aucun d’eux ne lui dit : « Que lui veux-tu ? » ou : « Pourquoi converses-tu avec elle ? » 28La femme laissa là sa cruche et s’en fut en ville dire aux gens : 29« Venez donc voir un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait ! Ne serait-ce pas le Christ ? » 30Ils sortirent de la ville et vinrent à Jésus. 31Entre-temps les disciples le conviaient : « Maître, disaient-ils, mange donc ! » 32Mais il leur dit : « J’ai à manger une nourriture que vous ne connaissez pas. » 33Les disciples se demandèrent les uns aux autres : « Quelqu’un lui aurait-il apporté à manger ? » 34Jésus leur dit : « Ma nourriture est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé, et d’accomplir son œuvre. 35Ne dites-vous pas : Encore quatre mois, puis viendra la moisson ? Eh bien ! moi je vous dis : Levez les yeux et voyez comme les campagnes sont déjà blanches pour la moisson. 36Déjà le moissonneur touche son salaire et amasse du grain pour la vie éternelle. Ainsi le semeur partage la joie du moissonneur. 37Cette fois le proverbe se vérifie : Autre est le semeur, autre le moissonneur. 38Je vous ai envoyés moissonner un champ que vous n’avez pas travaillé ; d’autres ont travaillé, et vous avez profité de leur travail. » 39Plusieurs Samaritains de cette ville avaient cru en lui sur la déclaration formelle de la femme : « Il m’a dit tout ce que j’ai fait. » 40Aussi, quand les Samaritains arrivèrent à lui, le prièrent-ils de séjourner chez eux ; et il y resta deux jours. 41Mais un plus grand nombre crurent en lui pour l’avoir entendu lui-même. 42Ils disaient à cette femme : « Ce n’est plus à cause de ton récit que nous croyons maintenant. Nous l’avons entendu nous-mêmes et nous savons qu’il est véritablement le sauveur du monde. » 43Après ces deux jours, Jésus partit pour la Galilée. 44(Il avait lui-même déclaré qu’un prophète n’est point honoré dans sa patrie.) 45À son arrivée en Galilée, les Galiléens, qui avaient vu tout ce qu’il avait fait à Jérusalem durant la fête, lui firent bon accueil ; car ils étaient allés, eux aussi, à la fête. 46Il retourna donc à Cana, en Galilée, où il avait changé l’eau en vin. Or, il y avait à Capharnaüm un officier royal dont le fils était malade. 47Apprenant que Jésus était revenu de Judée en Galilée, cet officier vint le trouver et le pria de descendre guérir son fils qui était mourant. 48Jésus lui dit : « À moins de voir des miracles et des prodiges, vous ne croirez donc point ! » 49L’officier royal lui répondit : « Seigneur, descends avant que mon petit garçon ne meure ! » — 50« Va, lui dit Jésus, ton fils va bien ! » L’homme crut à la parole de Jésus et s’en alla. 51Sur le chemin du retour, ses serviteurs vinrent à sa rencontre et lui dirent : « Ton fils va bien. » 52Il leur demanda à quelle heure il s’était trouvé mieux. « Hier, répondirent-ils, à la septième heure, la fièvre l’a quitté. » 53Le père reconnut que c’était l’heure même à laquelle Jésus lui avait dit : « Ton fils va bien. » Et il crut, lui et toute sa famille. 54Tel fut le second miracle que Jésus fit, à son retour de Judée en Galilée. 20Montagne : le mont Garizim, au sommet duquel les Samaritains s’étaient bâti un temple ; voir 2 Ma 6.2. 23En esprit et en vérité : le culte nouveau sera authentiquement inspiré par l’Esprit, et conforme aux vraies relations que Dieu révèle entre l’homme et lui, en Jésus. 37Le semeur et le moissonneur paraissent désigner ici Jésus qui récapitule en lui la Loi et les Prophètes, et les apôtres. 40Comparer à Lc 9.53 et la note. 46Officier royal : fonctionnaire de la cour d’Hérode Antipas. 52À la 7ème heure : vers une heure de l’après-midi.

5 1Après cela, il y eut une fête des Juifs, et Jésus monta à Jérusalem. 2Or à Jérusalem, près de la porte des Brebis, il y a une piscine qui s’appelle en hébreu Béthesda ; elle compte cinq portiques. 3Sous ces portiques gisaient un grand nombre de malades, des aveugles, des boiteux, des impotents (qui attendaient le bouillonnement de l’eau. 4L’ange du Seigneur, en effet, descendait par intervalles dans la piscine et mettait l’eau en mouvement ; et, quelle que fût son infirmité, le premier à s’y plonger après l’agitation de l’eau était guéri.) 5Il y avait là un homme malade depuis trente-huit ans. 6Jésus l’aperçut couché ; le sachant depuis si longtemps dans cet état, il lui dit : « Veux-tu guérir ? » — 7« Seigneur, lui répondit le malade, je n’ai personne pour me plonger dans la piscine quand l’eau bouillonne ; et pendant que j’y vais, un autre y descend avant moi. » 8Jésus lui dit : « Lève-toi, prends ton grabat, et marche. » 9À l’instant l’homme fut guéri, prit son grabat et se mit à circuler.Or c’était un jour de sabbat. 10Les Juifs dirent donc à l’homme guéri : « C’est le sabbat, tu n’as pas le droit de porter ton grabat. » 11Il répliqua : « Celui qui m’a guéri m’a dit : Prends ton grabat et marche. » 12Ils lui demandèrent : « Qui est-ce qui t’a dit : Prends ton grabat et marche ? » 13Mais l’homme guéri ne savait pas qui c’était ; à la faveur de la foule, en effet, Jésus s’était dérobé. 14Plus tard, Jésus le rencontra dans le temple : « Te voilà guéri, lui dit-il, ne pèche plus ; il pourrait t’arriver quelque chose de pire. » 15Et cet homme d’aller raconter aux Juifs que c’était Jésus qui l’avait guéri. 16C’est ainsi que les Juifs cherchaient querelle à Jésus parce qu’il opérait des miracles le jour du sabbat. 17Mais il leur dit : « Mon Père est encore à l’œuvre à présent, et je suis à l’œuvre, moi aussi. » 18Les Juifs n’en cherchaient que davantage à le faire mettre à mort, puisque, non content de violer le repos du sabbat, il appelait Dieu son propre Père, se faisant ainsi l’égal de Dieu. 19Jésus donc reprit la parole et leur dit : « En vérité, en vérité je vous le dis, le Fils ne peut rien faire de sa propre initiative, s’il ne le voit faire au Père ; car tout ce que fait le Père, le Fils le fait pareillement. 20Car le Père aime le Fils et lui montre tout ce qu’il fait ; il lui montrera des œuvres plus grandes que celles-ci, dont vous resterez étonnés. 21En effet, tout comme le Père ressuscite les morts et leur rend la vie, ainsi le Fils donne la vie à qui il veut. 22Aussi le Père ne juge personne, mais il a remis au Fils le jugement tout entier ; 23ainsi tous honoreront le Fils comme ils honorent le Père. Qui n’honore pas le Fils, n’honore pas le Père qui l’a envoyé. 24En vérité, en vérité je vous le dis, celui qui écoute ma parole et croit à celui qui m’a envoyé, a la vie éternelle, et il échappe à la condamnation : il est passé de la mort à la vie. 25« En vérité, en vérité je vous le dis, l’heure vient, et c’est maintenant, où les morts vont entendre la voix du Fils de Dieu, et ceux qui l’auront écoutée vivront. 26Car, tout comme le Père dispose de la vie, ainsi a-t-il donné au Fils d’en disposer aussi, 27et il lui a donné le pouvoir d’exercer le jugement, parce qu’il est le Fils de l’Homme. 28Ne vous étonnez pas si l’heure vient où tous ceux qui gisent dans la tombe en sortiront au son de sa voix : 29ceux qui ont fait le bien ressusciteront pour la vie, ceux qui ont fait le mal ressusciteront pour la damnation. 30« De moi-même, je ne puis rien faire : je juge d’après ce que j’entends ; et mon jugement est juste, parce que je ne veux pas faire ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé. 31« Si je me rends témoignage à moi-même, mon témoignage n’est pas valable. 32Un autre me rend témoignage, et je sais que le témoignage qu’il me rend est digne de foi. 33Vous avez envoyé des émissaires à Jean, et il a rendu témoignage à la vérité. 34Non pas que j’invoque le témoignage d’un homme ; mais je dis cela pour votre salut à vous. 35Jean était la lampe qui brûle et qui luit : pour une heure vous avez bien voulu vous réjouir de sa clarté. 36Moi, j’ai un témoignage supérieur à celui de Jean : les œuvres que le Père m’a donné d’accomplir, ces œuvres mêmes que je je fais, témoignent à mon sujet que le Père m’a envoyé. 37Et le Père, qui m’a envoyé, m’a lui-même rendu témoignage. Vous n’avez jamais entendu sa voix, vous n’avez jamais vu sa face 38et vous n’avez point en vous sa parole, parce que vous ne croyez pas à celui qu’il a envoyé. 39Vous scrutez les Écritures, pensant y trouver la vie éternelle ; eh bien ! elles aussi me rendent témoignage ; 40et vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie ! 41« Ce n’est pas que j’attende aucune gloire des hommes ; 42au contraire, je sais que vous n’avez pas en vous l’amour de Dieu. 43Je suis venu au nom de mon Père, et pourtant vous ne me recevez pas : qu’un autre vienne en son propre nom, vous le recevrez. 44Comment pourriez-vous croire, quand vous vous payez d’une gloire que vous tirez les uns des autres, et ne cherchez point la gloire qui vient du seul Dieu ? 45Ne vous imaginez pas que c’est moi qui vous accuserai devant le Père ; votre accusateur sera Moïse, en qui vous avez mis votre espérance. 46Car si vous aviez foi en lui, vous auriez foi en moi aussi, car c’est à mon sujet qu’il a écrit. 47Mais si vous ne croyez pas à ses écrits, comment ajouterez-vous foi à mes paroles ? » 1Une fête : peut-être la Pentecôte, ou la Pâque mentionnée en Jn 6.4. 4La fin du v. 3 et le v. 4 manquent dans les principaux manuscrits. 32Un autre : le Père.

6 1Ensuite Jésus passa de l’autre côté de la mer de Galilée (ou de Tibériade). 2Une grande foule le suivait, parce qu’elle voyait les miracles qu’il opérait sur les malades. 3Jésus gravit une colline, et là, s’assit avec ses disciples. 4La Pâque, la fête des Juifs, était proche. 5Levant alors les yeux et voyant une grande foule venir à lui, Jésus dit à Philippe : « Où achèterons-nous du pain pour que tous ces gens aient à manger ? » 6Il disait cela pour l’éprouver, car il savait bien ce qu’il allait faire. 7Philippe lui répondit : « Deux cents deniers de pain ne suffiraient pas à donner un morceau à chacun. » 8Un de ses disciples, André, frère de Simon-Pierre, lui dit : 9« Il y a ici un petit garçon qui a cinq pains d’orge et deux poissons … mais qu’est-ce que cela pour tant de monde ? » 10Jésus dit : « Faites-les asseoir. » Il y avait beaucoup d’herbe à cet endroit. Ils s’assirent au nombre d’environ cinq mille hommes. 11Jésus prit les pains, rendit grâce, et les fit distribuer aux convives ; de même pour les poissons. Il leur en donna tant qu’ils en voulurent. 12Lorsqu’ils furent rassasiés, il dit à ses disciples : « Ramassez les morceaux qui restent, afin que rien ne se perde. » 13Ils les ramassèrent ; et des morceaux qui étaient restés du repas des cinq pains d’orge, ils remplirent douze corbeilles. 14À la vue de ce miracle que Jésus avait fait, les gens disaient : « C’est vraiment le prophète qui doit venir dans le monde. » 15Et Jésus, pressentant qu’ils allaient venir l’enlever pour le faire roi, se retira de nouveau seul, sur la montagne. 16Le soir vint. Les disciples redescendirent au bord du lac, 17se rembarquèrent et naviguèrent vers Capharnaüm. La nuit tomba, et Jésus ne les avait pas encore rejoints. 18Cependant le vent soufflait avec violence et le lac devenait houleux. 19Ils avaient ramé environ vingt-cinq ou trente stades quand ils virent Jésus marcher sur le lac en direction de la barque, et l’effroi les saisit. 20Mais il leur dit : « C’est moi, n’ayez pas peur. » 21Ils allaient donc le prendre à bord, mais la barque aborda bientôt à destination. 22Le lendemain, la foule qui était restée de l’autre côté du lac s’aperçut que Jésus n’était pas monté avec ses disciples dans l’unique barque qui fût là, mais qu’ils étaient partis seuls. 23Dans l’entre-temps, d’autres barques étaient arrivées de Tibériade près du lieu où ils avaient mangé le pain reçu du Seigneur après qu’il eut rendu grâces. 24Les gens se rendirent compte que le Seigneur n’était pas là, non plus que ses disciples. Ils montèrent alors dans ces barques et regagnèrent Capharnaüm pour l’y chercher. 25Ils le trouvèrent sur l’autre rive du lac et lui dirent : « Maître, quand es-tu arrivé ici ? » 26Jésus leur répondit : « En vérité, en vérité je vous le dis, vous me cherchez, non pas parce que vous avez vu des miracles, mais parce que vous avez mangé du pain à satiété. 27Au lieu de travailler pour la nourriture qui périt, travaillez pour celle qui subsiste jusque dans la vie éternelle et que le Fils de l’Homme vous donnera. Car c’est lui que le Père, c’est lui que Dieu a marqué de son sceau. » 28Ils lui dirent : « Que faire pour travailler aux œuvres de Dieu ? » 29Jésus leur répondit : « L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé. » 30Ils dirent : « Quel miracle fais-tu, dont la vue nous fasse croire en toi ? Quelle est ton œuvre ? 31Nos pères, au désert, ont mangé la manne, ainsi qu’il est écrit : Il leur a donné à manger le pain venu du ciel (Ps 77.24). » 32Jésus leur dit : « En vérité, en vérité je vous le dis, ce n’est pas Moïse qui vous a donné le pain du ciel ; c’est mon Père qui vous donne le vrai pain du ciel ; 33car le pain de Dieu, c’est le pain qui descend du ciel et qui donne la vie au monde. » 34Ils lui dirent : « Seigneur, donne-nous toujours ce pain-là ! » 35Jésus reprit : « C’est moi le pain de vie : qui vient à moi n’aura jamais faim, et qui croit en moi n’aura jamais soif. 36Mais je vous l’ai dit : Vous me voyez et vous ne croyez point … 37Tout ce que le Père me donne viendra à moi, et je ne mettrai pas dehors celui qui vient à moi. 38Car je suis descendu du ciel pour faire non ma volonté, mais celle de celui qui m’a envoyé. 39Or, la volonté de celui qui m’a envoyé est que je ne perde aucun de ceux qu’il m’a donnés, mais que je les ressuscite au dernier jour. 40Telle est la volonté de mon Père, que tout homme qui voit le Fils et croit en lui, ait la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. » 41Là-dessus, les Juifs se mirent à protester parce qu’il avait dit : « Je suis le pain descendu du ciel. » 42Ils disaient : « N’est-ce pas là Jésus, le fils de Joseph, dont nous connaissons le père et la mère ? Comment peut-il prétendre maintenant qu’il est descendu du ciel ? » 43Jésus leur répondit : « Ne murmurez point entre vous. 44Personne ne peut venir à moi si le Père qui m’a envoyé ne l’attire ; et moi je le ressusciterai au dernier jour. 45Il est écrit dans les prophètes : Ils seront tous enseignés de Dieu (Is 54.13). Ainsi, tout homme qui écoute les leçons du Père et s’instruit vient à moi. 46Ce n’est pas que personne ait vu le Père, sinon celui qui vient de Dieu ; celui-là a vu le Père. 47En vérité, en vérité je vous le dis, celui qui croit en moi a la vie éternelle. 48C’est moi le pain de vie. 49Vos pères ont mangé la manne dans le désert, et ils sont morts. 50Le pain du ciel est tel que si l’on en mange, on ne meurt point. 51Je suis le pain vivant qui est descendu du ciel. Si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement ; et le pain que je donnerai, c’est ma chair, pour le salut du monde. » 52À ces mots, les Juifs entrèrent en discussion : « Comment, disaient-ils entre eux, cet homme peut-il nous donner sa chair à manger ? » 53Jésus leur dit alors : « En vérité, en vérité je vous le dis, si vous ne mangez la chair du Fils de l’Homme et ne buvez son sang, vous n’aurez point la vie en vous-mêmes. 54Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. 55Car ma chair est vraiment une nourriture, et mon sang est vraiment une boisson. 56Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi en lui. 57Tout comme le Père, qui m’a envoyé, est vivant, et comme je vis par le Père, ainsi celui qui me mange vivra par moi. 58Tel est le pain descendu du ciel. Il n’en est pas de lui comme de la manne que vos pères ont mangée ; ils sont morts. Celui qui mange de ce pain vivra éternellement. » 59Tel fut l’enseignement de Jésus dans la synagogue de Capharnaüm. 60Plusieurs de ses disciples l’avaient entendu : « Ce langage-là est trop fort, dirent-ils ; qui peut l’admettre ? » 61Jésus connaissait en lui-même que ses disciples discutaient à ce sujet : « Cela vous choque ? leur dit-il. 62Que sera-ce donc quand vous verrez le Fils de l’Homme remonter où il était auparavant ? 63C’est l’esprit qui vivifie, la chair ne sert de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et vie. 64Mais il y en a parmi vous qui ne croient pas. » En effet, Jésus savait, dès le début, quels étaient ceux qui ne croyaient pas, et quel serait le traître. 65Il ajouta : « Voilà pourquoi je vous ai dit que nul ne peut venir à moi si cela ne lui a été donné par le Père. » 66Depuis ce moment, plusieurs de ses disciples se retirèrent et cessèrent d’aller avec lui. 67Jésus dit alors aux Douze : « Et vous, voulez-vous aussi vous en aller ? » 68Simon-Pierre lui répondit : « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle. 69Et nous, nous croyons et nous savons que tu es le Saint de Dieu ! » 70Jésus ajouta : « Ne vous ai-je pas choisis, vous, les Douze ? Et l’un de vous est un démon ! » 71Il parlait de Judas, fils de Simon Iscariote, car c’était lui l’un des Douze, qui devait le trahir. 19Le stade valait 185 mètres. 20C’est moi : voir Mc 6.50 et la note. 26Miracles : des signes attestant la mission de Jésus (cf. Jn 2.11). La multiplication des pains invitait à la foi ; elle était signe de vie spirituelle, mais les témoins n’y ont d’abord vu que la nourriture du corps, tout comme la Samaritaine (Jn 4.11) pensait d’abord à la soif du corps, sans y voir le signe d’un désir spirituel (cf. Mt 4.4). 30Lien logique de la pensée : « Nous préférons croire à Moïse plutôt qu’à toi, car nous savons qu’il a nourri de la manne nos ancêtres » (voir Ex 16). 41Les Juifs : voir note à Jn 1.19. 52Ici le discours devient explicitement eucharistique. 63Il faut l’aide de l’Esprit pour saisir le vrai sens des paroles de Jésus, qui sont esprit et vie (cf. Rom 8.5-12).

7 1Ensuite, Jésus parcourait la Galilée. Il ne voulait pas séjourner en Judée parce que les Juifs cherchaient à le faire mourir. 2La fête juive des Tabernacles approchait. 3Ses frères lui dirent : « Pars d’ici, va en Judée pour que tes disciples y voient aussi les œuvres que tu fais. 4On n’agit pas en secret lorsqu’on désire se faire connaître. Puisque tu fais de telles œuvres, manifeste-toi au monde. » 5En effet, ses frères eux-mêmes ne croyaient pas en lui. 6Jésus leur dit : « Mon temps n’est pas encore venu, mais pour vous, l’heure est toujours favorable. 7Le monde ne peut vous haïr ; moi, il me hait parce que j’atteste de lui que ses œuvres sont mauvaises. 8Montez, vous, à la fête ; pour moi, je n’y vais point parce que mon temps n’est pas encore venu. » 9Cela dit, il resta en Galilée. 10Mais lorsque ses frères furent montés à la fête, il y alla, lui aussi, mais incognito, pas ostensiblement. 11Les Juifs donc le cherchaient pendant la fête. Ils disaient : « Où est-il ? » 12Et dans la foule il n’était question que de lui. Les uns disaient : « C’est un homme de bien. » — « Non, répondaient les autres, il séduit le public. » 13Cependant, personne, par crainte des Juifs, ne s’exprimait librement à son sujet. 14On était déjà au milieu de la fête, lorsque Jésus monta au temple et se mit à enseigner. 15L’étonnement faisait dire aux Juifs : « Cet homme n’a pas fait d’études. D’où lui vient cette connaissance des Écritures ? » 16Jésus leur répondit : « Ma doctrine n’est pas de moi, mais de celui qui m’a envoyé. 17Si quelqu’un veut accomplir la volonté de Dieu, il verra bien si ma doctrine est de Dieu, ou si je parle de moi-même. 18Celui qui parle de sa propre autorité cherche sa propre gloire, mais celui qui cherche la gloire de celui qui l’a envoyé est véridique, et il n’y a pas d’imposture en lui. 19N’est-ce pas Moïse qui vous a donné la loi ? Et aucun de vous ne l’observe ! 20Pourquoi cherchez-vous à me tuer ? » Les gens répondirent : « Tu es possédé du démon ! qui est-ce qui cherche à te tuer ? » 21Jésus reprit : « J’ai fait une seule œuvre, et vous en êtes tous bouleversés ! 22Moïse vous a donné la circoncision (elle vient plutôt des Patriarches, non de Moïse lui-même) et vous la pratiquez le jour du sabbat ! 23Eh bien ! si l’on peut circoncire le jour du sabbat, sans enfreindre la loi de Moïse, pourquoi vous irritez-vous contre moi parce que j’ai guéri un homme, dans son corps tout entier, le jour du sabbat ? 24Au lieu de juger sur l’apparence, jugez selon la justice. » 25Des gens de Jérusalem disaient : « N’est-ce pas là celui qu’on cherche à faire mourir ? 26le voici qui parle en public sans qu’on lui dise rien. Est-ce que les autorités auraient vraiment reconnu qu’il est le Christ ? 27Nous savons pourtant d’où il est originaire. Or, quand le Christ viendra, personne ne saura d’où il est. » 28Et Jésus, qui enseignait dans le temple, s’écria : « Ah ! vous me connaissez, et vous savez mon origine ! Pourtant, ce n’est pas de moi-même que je suis venu, mais celui qui m’a envoyé m’a vraiment envoyé, et vous ne le connaissez point. 29Moi, je le connais parce que je viens de lui, et que c’est lui qui m’a envoyé. » 30Ils avaient grande envie de l’arrêter ; mais personne ne mit la main sur lui, parce que son heure n’était pas encore venue. 31Cependant beaucoup de gens du peuple crurent en lui : « Quand le Christ viendra, disaient-ils, fera-t-il plus de miracles que n’en a fait celui-ci ? » 32Les pharisiens avaient entendu les bruits qui circulaient dans la foule au sujet de Jésus. Alors les grands prêtres de concert avec eux, envoyèrent des gardes pour l’arrêter. 33Jésus dit : « Je ne suis plus avec vous que pour peu de temps ; puis je m’en irai vers celui qui m’a envoyé. 34Vous me chercherez sans me trouver : où je suis, vous ne pouvez venir. » 35Sur quoi les Juifs se dirent entre eux : « Où ira-t-il donc que nous ne le trouverons pas ? Va-t-il se rendre auprès des Juifs dispersés parmi les Grecs, et enseigner ces étrangers ? 36Que signifie ce qu’il vient de dire : Vous me chercherez sans me trouver, et : Où je suis, vous ne pouvez venir ? » 37Le dernier jour, le grand jour de la fête, Jésus était là debout, et il dit à haute voix : « Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive 38celui qui croit en moi ; l’Écriture le dit : De son sein jailliront des fleuves d’eau vive (Zac 14.8 ; Is 58.11). » 39Il disait cela de l’Esprit que devaient recevoir ceux qui croiraient en lui. En effet, l’Esprit n’était pas encore là parce que Jésus n’avait pas encore été glorifié. 40Dans la foule, plusieurs qui avaient entendu ces paroles disaient : « C’est bien le prophète. » 41D’autres : « C’est le Christ. » Mais d’autres objectaient : « Est-ce bien de Galilée que doit venir le Christ ? 42L’Écriture ne dit-elle pas que c’est de la famille de David et du village de Bethléem, d’où était David, que le Christ doit venir ? » 43C’est ainsi que la division régnait dans le peuple à son sujet. 44Plusieurs voulaient l’arrêter ; mais personne ne mit la main sur lui. 45Ainsi les gardes retournèrent chez les grands prêtres et les pharisiens qui leur dirent : « Pourquoi ne l’avez-vous pas amené ? » 46Ils répondirent : « Jamais homme n’a parlé comme cet homme ! » 47Les pharisiens répliquèrent : « Ainsi, vous êtes séduits, vous aussi ! 48Se trouve-t-il quelqu’un parmi les autorités ou parmi les pharisiens pour croire en lui ? 49Quant à cette populace qui n’entend rien à la loi, elle est exécrable ! » 50L’un d’entre eux, Nicodème (celui qui était allé trouver Jésus pendant la nuit), intervint : 51« Notre loi, dit-il, condamne-t-elle un homme sans l’entendre et s’assurer de ce qu’il fait ? » 52Ils lui répondirent : « Alors toi aussi, tu es Galiléen ! Examine, et tu constateras qu’il n’y a pas de prophète issu de Galilée. » 53Et ils s’en retournèrent chacun chez soi. 2Fête des Tabernacles, des Tentes ou des Cabanes ; voir Lv 23.33-43 ; Dt 16.13-15. 3Les frères : voir note en Mt 12.46. 35Ces étrangers : litt. : ces Grecs, probablement ici les païens qui vivaient hors de Palestine et parlaient la langue grecque (mais voir aussi Jn 12.20). 38Le jaillissement de ces fleuves d’eau vive évoque la fête des Tabernacles, qui se terminait par une liturgie demandant la bénédiction des pluies. 52Les Juifs du Sud méprisaient les Galiléens (voir Jn 1.46).

8 1Jésus se rendit sur le mont des Oliviers. 2Dès le matin il retourna au temple ; et comme tout le peuple venait à lui, il s’assit et se mit à enseigner. 3Les scribes et les pharisiens lui amenèrent alors une femme surprise en adultère. Ils la font avancer au milieu de la foule 4et disent à Jésus : « Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d’adultère. 5Moïse, dans la loi, nous a prescrit de lapider ces femmes-là. Et toi, qu’en dis-tu ? » 6C’était pour l’éprouver qu’ils parlaient ainsi, afin de pouvoir l’accuser.Mais Jésus, s’étant courbé, écrivait du doigt sur le sol. 7Comme ils insistaient, il se redressa et leur dit : « Que celui de vous qui est sans péché lui jette le premier la pierre. » 8Et se penchant de nouveau, il écrivait sur le sol. 9À ces mots, ils se retirèrent un par un jusqu’au dernier, à commencer par les plus âgés, de sorte que Jésus resta seul avec la femme devant lui. 10Alors, il se redressa, et ne voyant plus que la femme, il lui dit : « Femme, où sont-ils ? Personne ne t’a condamnée ? » 11Elle répondit : « Personne, Seigneur. » Et Jésus lui dit : « Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus. » 12Jésus prit de nouveau la parole et dit : « C’est moi la lumière du monde ; celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie. » 13Là-dessus les pharisiens lui dirent : « Tu te rends témoignage à toi-même ; ton témoignage n’est pas valable. » 14Jésus leur répondit : « Encore que je me rende témoignage à moi-même, mon témoignage est valable, car je sais d’où je suis venu, et où je vais ; mais vous, vous ne savez ni d’où je viens, ni où je vais. 15Vous jugez selon l’apparence ; moi, je ne juge personne. 16Et s’il m’arrive de juger quelqu’un, mon jugement vaut, car je ne suis pas seul, mais le Père qui m’a envoyé est avec moi. 17Or, il est écrit dans votre loi que le témoignage de deux personnes est digne de foi (Dt 19.15). 18Je me rends témoignage à moi-même, et le Père qui m’a envoyé le fait aussi. » 19Ils lui dirent : « Où est ton Père ? » Jésus répondit : « Vous ne connaissez ni moi ni mon Père. Si vous me connaissiez, vous connaîtriez aussi mon Père. » 20Telles furent les paroles que Jésus prononça tandis qu’il enseignait dans le temple, à l’endroit du trésor. Mais personne ne mit la main sur lui parce que son heure n’était pas encore venue. 21Jésus leur dit encore : « Je m’en vais, et vous me chercherez, et vous mourrez dans votre péché. Vous ne pouvez aller où je vais. » 22Les Juifs dirent donc : « Va-t-il se suicider, pour qu’il dise : Vous ne pouvez aller où je vais ? » 23Il leur dit : « Vous êtes d’en bas, moi je suis d’en haut ; vous êtes de ce monde, moi, je ne suis pas de ce monde. 24Aussi vous ai-je dit que vous mourrez dans votre péché ; car si vous ne croyez pas que Je Suis, vous mourrez dans votre péché. » 25« Qui es-tu ? » lui demandèrent-ils alors. Jésus répondit : « Exactement ce que je vous déclare. 26À votre sujet, j’ai bien des choses à dire et des jugements à porter ; mais celui qui m’a envoyé est vrai, et ce que j’ai entendu de lui, je le dis au monde. » 27Ils ne comprirent pas qu’il leur parlait du Père. 28Jésus leur dit donc : « Quand vous aurez élevé le Fils de l’Homme, alors vous saurez que Je Suis, et que je ne fais rien de moi-même, mais que je dis ce que mon Père m’a enseigné. 29Celui qui m’a envoyé est avec moi ; il ne m’a pas laissé seul, parce que je fais toujours ce qui lui est agréable. » 30Après de telles paroles, beaucoup crurent en lui. 31À ces Juifs qui avaient cru en lui, Jésus dit : « Si vous demeurez dans ma parole, vous êtes mes vrais disciples ; 32vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous affranchira. » 33On lui répondit : « Nous sommes la postérité d’Abraham, et nous n’avons jamais été les esclaves de personne. Comment peux-tu dire : Vous deviendrez libres ? » 34Jésus répondit : « En vérité, en vérité je vous le dis, tout homme qui se livre au péché en est esclave. 35Or, l’esclave n’est pas à demeure dans la maison ; le fils, lui, y demeure toujours. 36Si donc le Fils vous affranchit, vous serez réellement libres. 37Je sais bien que vous êtes la race d’Abraham ; mais vous cherchez à me faire mourir, parce que ma parole n’a point d’accès en vous. 38Je dis, moi, ce que j’ai vu auprès du Père ; et vous, vous faites ce que vous avez appris de votre père. » — 39« Notre père, répliquèrent-ils, c’est Abraham. » Jésus leur dit : « Si vous étiez les enfants d’Abraham, vous feriez les œuvres d’Abraham. 40Or, vous cherchez à me faire mourir, moi qui pourtant vous ai dit la vérité que j’ai entendue de Dieu ! Cela, Abraham ne l’a pas fait. 41Vous faites les œuvres de votre père. » Ils lui dirent : « Nous ne sommes pas des enfants illégitimes : nous n’avons qu’un père : « Dieu. » 42Jésus riposta : « Si Dieu était votre Père vous m’aimeriez, parce que je suis issu de Dieu, c’est de lui que je viens ; car je ne suis pas venu de moi-même, mais c’est lui qui m’a envoyé. 43Pourquoi ne comprenez-vous pas mon langage ? C’est parce que vous ne pouvez entendre ma parole. 44Le père dont vous êtes issus, c’est le diable, et vous voulez réaliser les désirs de votre père. C’est un meurtrier, dès le début. Il n’a pas persévéré dans la vérité parce qu’il n’y a point de vérité en lui. Quand il ment, c’est de son propre fonds qu’il parle, car il est menteur, et le père du mensonge. 45Et moi, parce que je dis la vérité, vous ne me croyez pas. 46Qui de vous me convaincra d’erreur ? Et si je dis la vérité, pourquoi ne me croyez-vous pas ? 47Celui qui est de Dieu écoute les paroles de Dieu, et si vous n’écoutez pas, c’est parce que vous n’êtes pas de Dieu. » 48Les Juifs reprirent : « Nous avons bien raison de dire que tu es un Samaritain et un possédé ! » 49Jésus leur répondit : « Je ne suis point possédé. J’honore mon Père ; vous, vous m’outragez ! 50Je ne cherche pas ma gloire. Quelqu’un y pourvoit, et fera justice. 51« En vérité, en vérité je vous le dis : si quelqu’un garde ma parole, il ne verra jamais la mort. » 52Les Juifs lui dirent : « Cette fois nous sommes bien sûrs que tu es possédé du démon. Abraham est mort, les prophètes aussi, et toi, tu dis que si quelqu’un garde ta parole, il ne verra jamais la mort. 53Es-tu plus grand que notre père Abraham, qui est mort ? Les prophètes aussi sont morts. Pour qui te prends-tu ! » 54Jésus répondit : « Si je me glorifiais moi-même, ma gloire ne serait rien ; c’est mon Père qui me glorifie, lui dont vous dites qu’il est votre Dieu ; 55cependant vous ne le connaissez pas, tandis que moi, je le connais. Et si je disais ne pas le connaître, je serais menteur comme vous. Mais je le connais, et je garde sa parole. 56Abraham, votre père, a tressailli d’allégresse à la pensée de voir mon Jour. Il l’a vu, et il en a été rempli de joie. » 57Les Juifs lui dirent : « Tu n’as pas cinquante ans, et tu as vu Abraham ! » 58Jésus repartit : « En vérité, en vérité je vous le déclare, avant qu’Abraham fût, Je Suis. » 59À ces mots, ils ramassèrent des pierres pour les lui jeter ; mais Jésus se déroba et sortit du temple. 1Les versets Jn 8.1-11 manquent dans beaucoup de manuscrits. Ils proviennent d’une tradition ancienne, reconnue comme canonique et rattachée à l’Évangile de Jean. 5Voir Lv 20.10 ; Dt 22.22. 15L’apparence : litt. : la chair. 24Je Suis : cette formule, qui évoque le nom de Yahvé (cf. Ex 3.14), est employée à dessein dans les Évangiles (cf. v. 28, 58 ; Mc 6.50) pour suggérer l’être transcendant de Jésus. 25Le texte grec de ce passage est très obscur. 33Il semble que ce soit un autre groupe d’adversaires, qui ont entendu ce que Jésus disait aux croyants. 38Votre père : le diable (voir v. 44). 56À travers Isaac, Abraham s’est réjoui de la réalisation de la promesse plus vaste faite à sa descendance (Gn 17.1-8).

9 1Chemin faisant, Jésus vit un aveugle de naissance. 2Et ses disciples lui posèrent la question : « Maître, qui a péché, cet homme, ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ? » 3Jésus répondit : « Il n’y a point de péché, ni de lui ni de ses parents, mais les œuvres de Dieu doivent se manifester en lui. 4Tant qu’il fait jour, il me faut accomplir les œuvres de celui qui m’a envoyé. Viendra la nuit, où personne ne peut agir. 5Tant que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde. » 6Cela dit, il cracha sur le sol, et de sa salive fit un peu de boue qu’il appliqua sur les yeux de l’aveugle. 7Puis il lui dit : « Va te laver au bassin de Siloé (ce mot signifie l’Envoyé) ». L’aveugle alla s’y laver et revint voyant clair. 8Ses voisins et ceux qui auparavant l’avaient vu mendier disaient : « N’est-ce pas celui qui mendiait là, assis ? » 9Les uns répondaient : « C’est lui » ; d’autres : « Non, mais il lui ressemble. » Mais lui disait : « C’est bien moi. » 10Ils le questionnèrent donc : « Comment tes yeux se sont-ils ouverts ? » 11Il répondit : « L’homme qu’on appelle Jésus a fait de la boue ; il l’a étendue sur mes yeux, et m’a dit de me laver au bassin de Siloé. J’y suis allé, je m’y suis lavé, et je vois. » — 12« Où est cet homme ? » demandèrent-ils. Il répondit : « Je ne sais pas. » 13Ils amènent l’ancien aveugle aux pharisiens. 14Or c’était un jour de sabbat que Jésus avait fait de la boue et ouvert les yeux de l’aveugle. 15Les pharisiens, à leur tour, lui demandèrent comment il avait recouvré la vue. « Il m’a mis de la boue sur les yeux, leur dit-il ; puis je me suis lavé, et je vois. » 16Certains pharisiens dirent alors : « Cet homme n’observe pas le sabbat : il n’est donc pas l’envoyé de Dieu. » D’autres répliquaient : « Comment un pécheur pourrait-il faire de tels miracles ? » Et il y avait la division parmi eux. 17Ils interrogèrent de nouveau l’aveugle : « Et toi, dont il a guéri les yeux, que dis-tu de lui ? » — « C’est un prophète  », répondit-il. 18Mais les Juifs ne voulurent pas admettre que cet homme eût été aveugle et qu’il eût recouvré la vue, jusqu’à ce qu’ils eussent fait venir ses parents. 19« Est-ce bien là votre fils ? leur demandèrent-ils. Vous dites qu’il est né aveugle ? Comment donc voit-il à présent ? » 20Ses parents répondirent : « Nous savons que c’est bien là notre fils, et qu’il est né aveugle. 21Mais comment il se fait qu’il voie maintenant, nous n’en savons rien ; et qui lui a ouvert les yeux, nous n’en savons rien. Interrogez-le ; il a l’âge : il s’expliquera lui-même. » 22C’est par crainte des Juifs que ses parents parlèrent ainsi. Car déjà les Juifs étaient convenus d’exclure de la synagogue quiconque reconnaîtrait Jésus pour le Christ. 23C’est pour cela que ses parents avaient dit : « Il a l’âge, interrogez-le. » 24Pour la seconde fois donc les pharisiens firent comparaître l’ancien aveugle. Ils lui dirent : « Rends gloire à Dieu ! Nous savons que cet homme est un pécheur. » — 25« Je ne sais, répondit-il, si cet homme est un pécheur ; ce que je sais, c’est que j’étais aveugle, et que maintenant, je vois. » 26Ils lui dirent encore une fois : « Que t’a-t-il fait ? Comment t’a-t-il ouvert les yeux ? » 27Il leur répondit : « Je vous l’ai déjà dit et vous ne m’avez pas écouté. Pourquoi voulez-vous l’entendre encore une fois ? Voulez-vous aussi devenir ses disciples ? » 28Alors ils l’accablèrent d’injures. « C’est toi, dirent-ils, qui es son disciple ! Nous, nous sommes disciples de Moïse. 29De Moïse, nous savons que Dieu lui a parlé ; celui-ci, nous ignorons d’où il est. » 30L’homme répondit : « Ce qu’il y a d’étonnant dans tout ceci, c’est que vous ignorez son origine alors qu’il m’a ouvert les yeux. 31Dieu n’écoute pas les pécheurs, nous le savons ; mais il exauce ceux qui l’honorent et font sa volonté. 32Jamais on n’a ouï dire que l’on ait ouvert les yeux d’un aveugle-né. 33Si cet homme-là ne venait pas de Dieu, il ne pourrait rien faire. » 34Ils repartirent : « Tu es né tout entier dans le péché, et tu nous fais la leçon ? » Puis ils le mirent à la porte. 35Jésus apprit qu’on l’avait expulsé. Il le rencontra et lui dit : « Crois-tu au Fils de l’Homme ? » 36Il répondit : « Qui est-il, Seigneur, pour que je croie en lui ? » 37Jésus lui dit : « Tu le vois, c’est lui-même qui te parle ! » — 38« Je crois, Seigneur », dit-il ; et il se prosterna devant lui. 39Alors Jésus dit : « Je suis venu en ce monde pour opérer une discrimination : ceux qui ne voyaient point voient ; et ceux qui voyaient deviennent aveugles. » 40Des pharisiens qui étaient près de lui entendirent ces mots : « Et nous, dirent-ils, sommes-nous aussi des aveugles ? » 41Jésus leur répondit : « Si vous étiez aveugles, vous seriez sans péché. Mais vous prétendez y voir : Aussi votre péché subsiste. » 2Conception, déjà mise en question par Ézéchiel (Ez 18), et qui étendait la doctrine de la rétribution aux descendants du pécheur (Ex 34.7). 17Prophète : celui qui parle et agit sous l’inspiration divine. 24Rends gloire à Dieu, en avouant la vérité (cf. Jos 7.19 et note).

10 1« En vérité, en vérité je vous le dis, celui qui n’entre point par la porte dans la bergerie, mais s’y introduit par ailleurs, est un voleur et un brigand. 2Mais celui qui entre par la porte est le berger des brebis. 3Le portier lui ouvre, et les brebis écoutent sa voix : il les appelle par leur nom et les mène à la pâture. 4Quand il les a toutes fait sortir, il prend leur tête, et les brebis le suivent parce qu’elles connaissent sa voix. 5Elles ne suivront pas un étranger ; au contraire, elles le fuiront parce qu’elles ne connaissent point la voix des étrangers. » 6Telle fut la parabole que Jésus leur dit ; mais ils ne saisirent pas bien ce qu’il voulait leur dire. 7Et Jésus leur dit encore : « En vérité, en vérité je vous le dis, c’est moi la porte des brebis. 8Tous ceux qui sont venus (avant moi) sont des voleurs et des brigands ; mais les brebis ne les ont point écoutés. 9C’est moi la porte ; si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé : il pourra aller et venir et trouver de la pâture. 10Le voleur ne vient que pour dérober, pour égorger, pour détruire ; moi, je suis venu pour qu’on ait la vie, et qu’on soit dans l’abondance. 11« C’est moi le bon berger. Le bon berger expose sa vie pour ses brebis. 12Le salarié, celui qui n’est pas le berger, à qui les moutons n’appartiennent pas, abandonne les brebis à la vue du loup, et s’enfuit. Et le loup les ravit et les disperse. 13C’est qu’il est salarié et qu’il n’a cure des brebis. 14Je suis le bon berger. Je connais mes brebis et mes brebis me connaissent, 15comme le Père me connaît et comme je connais le Père. Et je donne ma vie pour mes brebis. 16J’ai d’autres brebis encore qui ne sont pas de cette bergerie ; il faut que je les amène ; elles entendront ma voix, et il y aura un seul troupeau, un seul berger. 17« Le Père m’aime parce que je donne ma vie, afin de la reprendre. 18Personne ne me l’ôte, mais c’est moi qui la donne de moi-même. J’ai le pouvoir de la donner, et le pouvoir de la reprendre ; tel est l’ordre que j’ai reçu de mon Père. » 19À propos de ces paroles, il y eut à nouveau division parmi les Juifs. 20Bon nombre d’entre eux disaient : « Il est possédé ; il délire ; pourquoi l’écoutez-vous ? » 21D’autres disaient : « Ce n’est pas là le langage d’un possédé. Un démon peut-il ouvrir les yeux des aveugles ? » 22On célébrait à Jérusalem la fête de la Dédicace. C’était l’hiver. 23Jésus circulait dans le temple, sous le portique de Salomon. 24Les Juifs firent cercle autour de lui et lui dirent : « Jusques à quand nous tiendras-tu l’esprit en suspens ? Si tu es le Christ, dis-le nous franchement. » 25Jésus leur répondit : « Je vous l’ai dit, et vous ne me croyez pas ; les œuvres que je fais au nom de mon Père me rendent témoignage. 26Mais vous ne croyez pas parce que vous n’êtes pas de mes brebis. 27Mes brebis écoutent ma voix : je les connais et elles me suivent. 28Je leur donne la vie éternelle ; elles ne périront jamais et nul ne les ravira de ma main. 29Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tous ; et personne ne peut rien arracher de la main du Père. 30Moi et le Père, nous sommes un. » 31Cette fois encore les Juifs ramassèrent des pierres pour le lapider. 32Jésus leur dit : « J’ai fait sous vos yeux un grand nombre de bonnes œuvres de la part du Père ; pour laquelle voulez-vous me lapider ? » 33Les Juifs lui répondirent : « Ce n’est pas pour une bonne œuvre que nous voulons te lapider, c’est pour un blasphème : tu n’es qu’un homme, et tu te fais Dieu. » 34Jésus leur dit : « N’est-il pas écrit dans votre loi : J’ai dit : Vous êtes des dieux (Ps 81.6) ? 35Si la loi appelle dieux ceux à qui était adressée la parole de Dieu (or on ne peut récuser l’Écriture), 36moi, que le Père a sanctifié et envoyé dans le monde, comment osez-vous m’accuser de blasphème parce que j’ai dit : Je suis le Fils de Dieu ? 37Si je ne fais pas les œuvres de mon Père, ne me croyez point ; 38mais si je les fais, quand même vous ne voudriez pas me croire, croyez à mes œuvres, afin d’apprendre et de reconnaître que le Père est en moi et que je suis dans le Père. » 39Sur quoi ils tentèrent encore de le saisir ; mais il leur échappa des mains. 40Il retourna au-delà du Jourdain, à l’endroit où Jean avait commencé à baptiser. Il y séjourna. 41Beaucoup de gens allaient à lui et disaient : « Jean n’a fait aucun miracle, 42mais tout ce qu’il a dit de cet homme-ci était vrai. » Et là, il y eut un grand nombre qui crurent en lui. 16D’autres brebis : les peuples païens qui se convertiront un jour et se joindront aux chrétiens issus du judaïsme. 22Sur la fête de la Dédicace, voir 1 Ma 4.59 et la note. 30Jésus vient d’évoquer avec une telle force son unité avec le Père que les autorités juives, une fois de plus (cf. Jn 7.20 ; Jn 8.59 ; Jn 10.39), ne s’y trompent pas et veulent le lapider pour cette affirmation, qui est à leurs yeux un blasphème. 38Mes oeuvres : voir Jn 2.11 et note.

11 1À Béthanie, le village de Marie et de sa sœur Marthe, Lazare tomba malade. 2Marie était celle qui oignit le Seigneur d’une huile parfumée et qui lui essuya les pieds avec ses cheveux ; et Lazare, qui était malade, était son frère. 3Les deux sœurs donc envoyèrent dire à Jésus : « Seigneur, ton ami est malade. » 4À ces mots, Jésus répondit : « Cette maladie ne causera pas la mort ; elle va servir à la gloire de Dieu, en ce que le Fils de Dieu sera, grâce à elle, glorifié. » 5Or Jésus aimait Marthe et sa sœur et Lazare. 6Mais quoiqu’il le sût malade, il resta là deux jours encore. 7Il dit ensuite à ses disciples : « Retournons en Judée. » — 8« Maître, lui répondirent-ils, tout récemment les Juifs cherchaient à te lapider, et tu veux y retourner ! » 9Jésus reprit : « N’y a-t-il pas douze heures dans la journée ? Si l’on marche de jour, on ne trébuche pas, parce qu’on voit la lumière de ce monde ; 10mais si l’on marche de nuit, on trébuche parce qu’on manque de lumière. » 11Après ces paroles, il ajouta : « Notre ami Lazare dort ; mais je vais le réveiller. » 12Ses disciples lui dirent : « Seigneur, s’il dort, il guérira. » 13Or Jésus avait parlé de sa mort, tandis qu’ils l’avaient compris du sommeil ordinaire. 14Jésus leur dit alors clairement : « Lazare est mort. 15Et je suis heureux pour vous de ne m’être pas trouvé là, afin que vous croyiez. Mais allons près de lui. » 16Sur quoi, Thomas, que l’on nomme Didyme, dit aux autres disciples : « Allons-y, nous aussi, et nous mourrons avec lui. » 17À son arrivée, Jésus trouva Lazare depuis quatre jours au tombeau. 18Comme Béthanie n’était éloignée de Jérusalem que de quinze stades environ, 19de nombreux Juifs étaient venus auprès de Marthe et de Marie présenter leurs condoléances pour la mort de leur frère. 20Quand Marthe apprit que Jésus arrivait, elle partit à sa rencontre, tandis que Marie restait à la maison. 21Marthe dit à Jésus : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort ! 22Mais maintenant même, je sais que tout ce que tu demanderas à Dieu, il te l’accordera. » 23Jésus lui dit : « Ton frère ressuscitera. » — 24« Je sais, répliqua-t-elle, qu’il ressuscitera à la résurrection du dernier jour. » 25Jésus lui dit : « C’est moi la résurrection ; celui qui croit en moi, vivra, fût-il mort. 26Et tout homme qui vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? » 27Elle répondit : « Oui, Seigneur, je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu, celui qui devait venir dans le monde. » 28Sur ces paroles, elle s’en alla quérir sa sœur Marie en lui disant tout bas : « Le Maître est là, qui t’appelle. » 29Marie, à ces mots, se lève précipitamment et court à sa rencontre. 30(Jésus en effet n’était pas encore arrivé au village, mais se trouvait toujours où Marthe l’avait rencontré.) 31Les Juifs qui étaient avec elle à la maison, en visite de condoléances, la virent ainsi se lever brusquement et sortir. Ils la suivirent, croyant qu’elle allait pleurer au tombeau. 32Marie arriva près de Jésus et, dès qu’elle le vit, elle se jeta à ses pieds en disant : « Seigneur, si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort ! » 33À la voir pleurer, ainsi que les Juifs qui l’accompagnaient, Jésus frémit en son esprit ; et sous l’empire d’une profonde émotion, 34il dit : « Où l’avez-vous mis ? » — « Seigneur, répondirent-ils, viens voir. » 35Jésus se mit à pleurer. 36Et les Juifs de dire : « Comme il l’aimait ! » 37Quelques-uns d’entre eux dirent cependant : « Lui, qui a ouvert les yeux de l’aveugle, ne pouvait-il pas empêcher celui-ci de mourir ? » 38Jésus frémit à nouveau en lui-même et se rendit au tombeau. C’était un caveau recouvert d’une dalle. 39Jésus dit : « Enlevez la dalle. » Marthe, la sœur du défunt, lui dit : « Seigneur, il sent ; voilà quatre jours qu’il est là. » — 40« Ne t’ai-je pas dit, répond Jésus, que si tu as la foi, tu verras la gloire de Dieu ? » On enleva donc la dalle. 41Puis Jésus leva les yeux au ciel et dit : « Père, je te rends grâce de m’avoir exaucé. 42Je savais bien, moi, que tu m’exauces toujours, mais je parle ainsi pour cette foule qui m’entoure, afin qu’ils croient que tu m’as envoyé. » 43Après ces paroles, il cria d’une voix forte : « Lazare, sors ! » 44Et le mort sortit, les pieds et les mains liés de bandelettes, et le visage enveloppé d’un suaire. Jésus dit alors : « Déliez-le et laissez-le aller. » 45Une grande partie des Juifs qui étaient venus rendre visite à Marie, à la vue de ce qu’avait fait Jésus, crurent en lui. 46Mais quelques-uns d’entre eux s’en allèrent trouver les pharisiens et leur rapportèrent ce que Jésus avait fait. 47Les grands prêtres et les pharisiens convoquèrent donc le Conseil : « Que faire ? dirent-ils ; cet homme multiplie les miracles. 48Si nous le laissons faire, tout le monde va croire en lui. Alors les Romains vont intervenir et détruire notre Lieu saint et notre nation. » 49L’un d’eux, Caïphe, qui était grand prêtre cette année-là, leur dit : « Vous n’y entendez rien ! 50Vous ne vous rendez pas compte qu’il y va de votre intérêt qu’un seul homme meure pour le peuple, et que toute la nation ne périsse pas. » 51Ce n’était pas de lui-même qu’il disait cela ; mais, comme grand prêtre de cette année-là, il prophétisait que Jésus allait mourir pour la nation, 52et pas seulement pour la nation, mais pour ramener à l’unité les enfants de Dieu dispersés. 53Et dès ce moment ils prirent la décision de le faire mourir. 54En conséquence, Jésus ne circulait plus en public parmi les Juifs. Il se retira du côté du désert, dans la ville d’Éphraïm, et il y séjourna avec ses disciples. 55Cependant, la Pâque des Juifs approchait. Beaucoup de gens du pays montaient à Jérusalem avant la Pâque pour se purifier. 56Ils cherchaient Jésus et, causant entre eux dans le temple, ils disaient : « Qu’en pensez-vous ? Va-t-il venir à la fête, oui ou non ? » 57Or les grands prêtres et les pharisiens avaient, pour pouvoir l’arrêter, publié une ordonnance enjoignant de venir dénoncer Jésus si on savait où il se trouvait. 2Oignit : cet épisode est raconté plus loin, Jn 12.1-8. 16Didyme : traduction grecque de l’hébreu Thomas, qui signifie jumeau. L’apôtre, mécontent, considère le retour au milieu des Juifs hostiles comme une mort assurée. 48Selon eux, les Romains réprimeraient la sédition que le peuple soulèverait en proclamant Jésus roi des Juifs. 55Pour se purifier des souillures légales, afin de pouvoir manger la Pâque à Jérusalem.

12 1Six jours avant la Pâque, Jésus vint à Béthanie, où se trouvait Lazare, qu’il avait ressuscité. 2On offrit là un souper en son honneur. Marthe servait, et Lazare était un des convives. 3Marie, elle, prit une livre de parfum de nard authentique de grande valeur, en oignit les pieds de Jésus et les essuya de ses cheveux. Et la maison fut remplie de l’arôme de ce parfum. 4Mais Judas Iscariote, l’un de ses disciples, celui qui allait le trahir, dit : 5« Que n’a-t-on vendu ce parfum trois cents deniers pour en donner le prix aux pauvres ? » 6S’il parlait ainsi, ce n’est pas qu’il se souciât des pauvres, c’est qu’il était voleur, et que, tenant la bourse, il dérobait ce qu’on y versait. 7Jésus dit : « Laisse-la ; elle a gardé ce parfum pour le jour de ma sépulture. 8Les pauvres, vous les aurez toujours avec vous ; moi, vous ne m’aurez pas toujours. » 9La grande masse des Juifs apprit que Jésus était là ; et les gens venaient, non seulement à cause de lui, mais aussi pour voir Lazare qu’il avait ressuscité. 10Alors les grands prêtres résolurent de faire mourir aussi Lazare, 11car, à cause de lui, beaucoup de Juifs les quittaient pour croire en Jésus. 12Le lendemain, la foule des gens venus pour la fête apprit que Jésus s’y rendait. 13Ils se portèrent à sa rencontre avec des palmes en criant : « Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur, le roi d’Israël ! » 14Jésus trouva un ânon, et le monta selon cette parole de l’Écriture : 15Ne crains point, fille de Sion, voici venir ton Roi monté sur le petit d’une ânesse (Zac 9.9). 16Les disciples, tout d’abord, ne le remarquèrent pas, mais une fois Jésus glorifié, ils se rendirent compte que ce texte le concernait et qu’ils l’avaient accompli pour lui. 17Les gens qui avaient assisté à l’appel de Lazare hors du tombeau et à sa résurrection acclamaient Jésus. 18D’ailleurs si la foule s’était portée à sa rencontre, c’était aussi à la nouvelle qu’il avait fait ce miracle. 19Mais entre eux les pharisiens se dirent : « Vous le voyez bien, vous n’arrivez à rien : tout le monde court après lui. » 20Parmi ceux qui montaient pour adorer durant la fête, il y avait quelques Grecs. 21Ils abordèrent Philippe (de Bethsaïde en Galilée) et lui firent cette demande : « Nous voudrions voir Jésus. » 22Philippe vint le dire à André ; puis André et Philippe allèrent ensemble le dire à Jésus. 23Jésus leur adressa la parole : « Voici venue l’heure où doit être glorifié le Fils de l’Homme, leur dit-il. 24En vérité, en vérité je vous le dis, si le grain tombé dans la terre ne meurt pas, il reste seul ; s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. 25Celui qui aime sa vie la perd, et celui qui hait sa vie en ce monde la conservera pour la vie éternelle. 26Si quelqu’un veut me servir, qu’il me suive ; et là où je suis, là sera aussi mon serviteur. Si quelqu’un me sert, le Père l’honorera. 27Mon âme est à présent dans le trouble. Et que dire ? Père, sauve-moi de cette heure ! Mais c’est précisément pour cela que je suis venu à cette heure. 28Père, glorifie ton nom ! » Et du ciel vint une voix : « Je l’ai glorifié et je le glorifierai encore. » 29La foule des assistants qui avaient entendu, disaient que c’était le tonnerre. D’autres : « Un ange lui a parlé. » 30Jésus dit : « Ce n’est pas pour moi que cette voix a retenti, mais pour vous autres. 31C’est maintenant qu’a lieu le jugement du monde. C’est maintenant que va être expulsé le prince de ce monde. 32Et moi, lorsque je serai élevé de la terre, j’attirerai tous les hommes à moi. » 33Et ce disant, il faisait allusion au genre de mort qu’il devait subir. 34On lui répondit de la foule : « Nous savons par la loi que le Christ doit durer toujours. Comment donc peux-tu dire que le Fils de l’Homme doit être élevé ? Qui est ce Fils de l’Homme ? » 35Jésus leur dit : « La lumière n’est plus parmi vous que pour peu de temps. Marchez tant que vous avez la lumière, de peur d’être surpris par les ténèbres. Celui qui circule dans les ténèbres ne sait où il va. 36Pendant que vous avez la lumière, croyez en la lumière ; ainsi vous deviendrez enfants de lumière. » Ayant ainsi parlé, Jésus s’en alla et se tint caché loin d’eux. 37Or, bien qu’il eût opéré sous leurs yeux tant de miracles, ils ne croyaient pas en lui. 38Ainsi s’accomplissait l’oracle du prophète Isaïe : Seigneur, qui a cru à notre prédication ? Et à qui le bras du Seigneur a-t-il été révélé (Is 53.1) ? 39D’ailleurs, s’ils ne pouvaient pas croire, c’est encore Isaïe qui en donne la raison quand il dit : 40Il a rendu leurs yeux aveugles, il a endurci leur cœur, de façon que leurs yeux ne voient plus, leur cœur ne comprenne plus, qu’ils ne se convertissent pas et que je ne les guérisse pas (Is 6.10). 41Ainsi s’exprima Isaïe lorsqu’il eut la vision de sa gloire et parla de lui. 42Plusieurs toutefois, même parmi les notables, crurent en lui ; mais, par crainte des pharisiens, ils n’osaient se déclarer, de peur d’être exclus de la synagogue. 43Ils préférèrent ainsi la gloire des hommes à la gloire de Dieu. 44Cependant, Jésus dit d’une voix forte : « Qui croit en moi, croit, non pas en moi, mais en celui qui m’a envoyé ; 45et qui me voit, voit celui qui m’a envoyé. 46C’est comme lumière que je suis venu dans le monde ; ainsi celui qui croit en moi ne reste pas dans les ténèbres. 47Si quelqu’un entend mes paroles et ne les observe pas, ce n’est pas moi qui le condamnerai ; car je ne suis pas venu condamner le monde, mais sauver le monde. 48Celui qui me méprise et qui n’accepte pas mes paroles a déjà son juge : la parole que j’ai exprimée, c’est elle qui jugera au dernier jour. 49En effet, ce n’est pas de mon propre chef que j’ai parlé, mais le Père, qui m’a envoyé, m’a dicté ce que je dois dire et m’a prescrit ce que je dois enseigner. 50Et son commandement, je le sais bien, c’est la vie éternelle. Les paroles que je profère, je les profère donc conformément à ce que m’a dit le Père. » 13Voir note à Mt 21.9. 20Grecs : ce mot désigne souvent des non-juifs qui avaient adhéré à certaines convictions de la religion israélite. 31Le prince de ce monde : le diable (Jn 13.2), personnification des forces du mal.

13 1Avant la fête de Pâque, sachant que son heure était venue de passer de ce monde au Père, Jésus, qui avait aimé les siens demeurant dans le monde, mit le comble à son amour pour eux. 2Pendant le souper— alors que le diable avait déjà inspiré au cœur de Judas Iscariote, fils de Simon, le dessein de le trahir, — 3Jésus, conscient que le Père lui avait remis toutes choses entre les mains, qu’il était venu de Dieu et s’en retournait à Dieu, 4se leva de table, ôta ses vêtements, et prit un linge dont il se ceignit. 5Ensuite il versa de l’eau dans un bassin et se mit à laver les pieds de ses disciples, et à les essuyer avec le linge dont il était ceint. 6Il arrive donc à Simon-Pierre. Ce dernier lui dit : « Toi, Seigneur, tu veux me laver les pieds ! » 7Jésus lui répondit : « Ce que je fais, tu ne le sais pas maintenant, mais tu comprendras bientôt. » 8Pierre lui dit : « Non, jamais tu ne me laveras les pieds ! » Jésus lui répondit : « Si je ne te lave, tu n’as pas de part commune avec moi. » 9Simon-Pierre alors de s’écrier : « Seigneur, non seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête. » 10Jésus lui répondit : « Celui qui s’est baigné, n’a pas besoin de se laver, il est tout à fait pur. Eh bien ! Vous aussi vous êtes purs, mais non pas tous ! » 11Car il savait qui allait le livrer ; c’est pourquoi il dit : « Vous n’êtes pas tous purs. » 12Il leur lava donc les pieds ; puis il reprit ses vêtements et se mit à table : « Comprenez-vous bien, leur dit-il, ce que je vous ai fait ? 13Vous m’appelez Maître et Seigneur ; et vous avez raison, je le suis. 14Eh bien ! si je vous ai lavé les pieds, moi, le Seigneur et Maître, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. 15Je vous ai donné l’exemple, pour que vous fassiez comme je vous ai fait. 16En vérité, en vérité je vous le déclare, il n’y a pas de serviteur supérieur à son maître, pas de messager supérieur à celui qui l’a envoyé. 17Si vous en êtes convaincus, vous êtes heureux, à condition d’agir en conséquence. 18Je ne parle pas de vous tous ; je connais ceux que j’ai choisis. Mais il faut que s’accomplisse cette parole de l’Écriture : Celui qui mange le pain avec moi a levé le talon contre moi (Ps 40.10). 19Dès à présent je vous le dis avant que la chose n’arrive, afin que, lorsqu’elle arrivera, vous croyiez que Je Suis. 20En vérité, en vérité je vous le déclare, qui reçoit celui que j’ai envoyé, me reçoit ; et qui me reçoit, reçoit celui qui m’a envoyé. » 21Ayant ainsi parlé, Jésus fut troublé en son esprit, et déclara : « En vérité, en vérité je vous le dis, l’un de vous me trahira ! » 22Les disciples se regardaient les uns les autres, ne sachant de qui il parlait. 23Or, l’un d’eux était penché contre la poitrine de Jésus ; c’était celui que Jésus aimait. 24Simon-Pierre lui fait signe pour lui dire : « Demande-lui donc de qui il parle. » 25Ce disciple, s’étant penché contre la poitrine de Jésus, l’interrogea : « Seigneur, qui est-ce ? » 26Jésus répondit : « C’est celui à qui je donnerai le morceau que je vais tremper. » Puis il trempa du pain et offrit le morceau à Judas, fils de Simon Iscariote. 27Aussitôt que Judas l’eut avalé, Satan entra en lui. Jésus lui dit alors : « Ce que tu veux faire, fais-le vite. » 28Mais aucun des convives ne comprit à quel propos il lui disait cela. 29Comme Judas tenait la bourse commune, quelques-uns pensaient que Jésus voulait lui dire : « Achète ce qu’il nous faut pour la fête », ou : « Donne quelque chose aux pauvres. » 30Dès qu’il eut pris le morceau de pain, Judas se hâta de sortir. Il faisait nuit … 31Judas sorti, Jésus dit : « Maintenant le Fils de l’Homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui. 32Une fois Dieu glorifié en lui, Dieu aussi le glorifiera en lui-même, et il le glorifiera bientôt. 33Mes petits enfants, je ne suis plus avec vous que pour peu de temps. Vous me chercherez et, comme je l’ai dit aux Juifs, je vous le dis aussi maintenant : Vous ne pouvez aller où je vais. 34« Je vous donne un commandement nouveau : Aimez-vous les uns les autres ; comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres. 35C’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres, que tous vous reconnaîtront pour mes disciples. » 36Simon-Pierre lui dit : « Seigneur, où vas-tu ? » Jésus de répondre : « Où je vais, tu ne peux me suivre maintenant ; tu me suivras plus tard. » — 37« Seigneur, lui dit Pierre, pourquoi ne puis-je te suivre à présent ? Je risquerai ma vie pour toi ! » — 38« Tu risqueras ta vie pour moi ! répondit Jésus. En vérité, en vérité je te le dis, le coq ne chantera pas, que tu ne m’aies renié trois fois. » 10Pierre pense que Jésus établit un rite de purification. Mais il comprendra plus tard qu’il s’agit d’un signe de l’amour, du service, de l’humilité. 23Les convives, à la mode antique, étaient étendus sur un divan. L’un d’eux pouvait aisément reposer la tête sur la poitrine de son voisin. Le disciple que Jésus aimait (cf. Jn 19.26-27 ; Jn 20.2-10 ; Jn 21.20) est traditionnellement identifié avec l’apôtre Jean, considéré comme l’auteur de l’Évangile. Certains y ont vu une personnification symbolique de la communauté des croyants. 31La Passion, désormais engagée, est vue dans le rayonnement glorieux de la résurrection.

14 1« Que votre cœur ne se trouble point. Vous croyez en Dieu ; croyez aussi en moi. 2Il y a beaucoup de demeures dans la maison de mon Père ; si cela n’était pas, je vous l’aurais dit. Je vais vous préparer une place. 3Et une fois que je serai allé vous préparer cette place, je reviendrai vous prendre avec moi, afin que, là où je suis, vous y soyez aussi. 4Et vous connaissez le chemin qui mène où je vais. » 5Thomas lui dit : « Seigneur, nous ne savons pas où tu te retires, comment donc en saurions-nous le chemin ? » 6Jésus lui répondit : « Je suis le chemin, la vérité et la vie. Nul ne vient au Père que par moi. 7Si vous me connaissiez, vous connaîtriez aussi mon Père. Mais, dès maintenant, vous le connaissez, et vous l’avez vu. » 8Philippe lui dit : « Seigneur, montre-nous le Père, et cela nous suffit. » 9Et Jésus de répondre : « Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne me connais pas, Philippe ! Celui qui m’a vu, a vu le Père. Comment peux-tu dire : Montre-nous le Père ? 10Ne crois-tu pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ? Les paroles que je vous dis, ce n’est pas de moi-même que je les prononce. Le Père qui demeure en moi, c’est lui qui accomplit les œuvres. 11Croyez-moi : je suis dans le Père, et le Père est en moi. Si vous ne me croyez pas sur parole, croyez au moins à cause de ces œuvres. 12« En vérité, en vérité je vous le dis, celui qui croit en moi fera aussi les œuvres que moi je fais ; il en fera même de plus grandes, parce que je vais auprès du Père. 13Et tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils. 14Si vous me demandez quelque chose en mon nom, je le ferai. 15« Si vous m’aimez, vous observerez mes commandements. 16Et moi je prierai le Père, et il vous donnera un autre Paraclet, pour qu’il demeure éternellement avec vous. 17C’est l’Esprit de vérité, que le monde ne peut recevoir, parce qu’il ne le voit pas et ne le connaît pas. Mais vous, vous le connaissez parce qu’il demeure avec vous, et est en vous. 18« Je ne vous laisserai pas orphelins ; je reviendrai près de vous. 19Dans bien peu de temps, le monde ne me verra plus ; mais vous, vous me reverrez, parce que moi je vis et que vous vivrez. 20Ce jour-là, vous connaîtrez que je suis en mon Père, vous en moi et moi en vous. 21« Celui qui a mes commandements et qui les observe, c’est celui-là qui m’aime. Et celui qui m’aime sera aimé de mon Père ; je l’aimerai et je me ferai connaître à lui. » 22Jude (non pas l’Iscariote) lui dit : « Seigneur, comment se fait-il que tu te feras connaître à nous, et non pas au monde ? » 23Jésus lui répondit : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole et mon Père l’aimera, et nous viendrons à lui, et nous ferons chez lui notre demeure. 24Celui qui ne m’aime pas ne garde point mes paroles. Mais la parole que vous entendez n’est pas de moi ; elle est du Père qui m’a envoyé. 25« Je vous ai dit ces choses, tandis que je demeure encore avec vous. 26Mais le Paraclet, le Saint-Esprit, que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses et vous remettra en mémoire tout ce que je vous ai dit. 27« Je vous laisse la paix ; je vous donne ma paix à moi, et je ne vous la donne pas comme la donne le monde. Votre cœur ne doit ni se troubler ni s’alarmer. 28Vous m’avez entendu dire : Je m’en vais, et je reviens à vous. Si vous m’aimiez, vous vous réjouiriez de ce que je vais auprès du Père, car le Père est plus grand que moi. 29Et maintenant je vous ai dit ces choses avant qu’elles n’arrivent, afin que, lorsqu’elles seront arrivées, vous croyiez. 30Je ne m’entretiendrai plus guère avec vous ; car le Prince de ce monde vient ; il ne peut rien contre moi, 31mais il faut que le monde connaisse que j’aime le Père, et que j’agis selon le commandement que mon Père m’a donné. — Levez-vous, partons d’ici. » 2Sens : «  il y a place pour chacun de vous dans le Royaume de Dieu ». 16Paraclet : mot grec souvent traduit par Consolateur, mais qui signifie réellement : aide, soutien, avocat, intercesseur. Le Saint-Esprit remplira le même rôle que Jésus, qui fut aussi soutien, avocat et intercesseur. 19Le monde croira que Jésus est mort. Mais les disciples, à la lumière de l’Esprit, le verront ressuscité et les croyants à venir le connaîtront par la foi.

15 1« C’est moi le vrai cep, et mon Père est le vigneron. Il retranche tout sarment qui ne porte pas de fruit en moi ; 2et il émonde tout sarment qui porte du fruit, afin qu’il en porte davantage. 3Déjà vous êtes émondés grâce à la parole que je vous ai annoncée. 4Demeurez en moi, et moi, je demeurerai en vous. Le sarment ne peut de lui-même porter du fruit, s’il ne tient au cep. Il en est de même de vous : vous ne pouvez non plus porter du fruit, si vous ne demeurez en moi. 5Je suis le cep ; vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure porte beaucoup de fruit, car, hors de moi, vous ne pouvez rien faire. 6Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est jeté dehors, comme le sarment, et il sèche ; on ramasse ces sarments-là, on les jette au feu et ils brûlent. 7Si vous demeurez en moi, et si mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez, et cela vous arrivera. 8C’est la gloire de mon Père que vous portiez beaucoup de fruit, et que vous soyez mes disciples. » 9« Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour. 10Si vous observez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, tout comme j’ai moi-même observé les commandements de mon Père et je demeure dans son amour. 11Je vous ai parlé de la sorte, afin que ma joie soit en vous, et que votre joie soit dans sa plénitude. » 12« Voici mon commandement : Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés. 13Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. 14Vous êtes mes amis, si vous faites ce que je vous commande. 15Je ne vous appelle plus serviteurs, parce que le serviteur ignore ce que fait son maître ; je viens de vous appeler amis, parce que je vous ai fait connaître tout ce que j’ai appris de mon Père. 16Ce n’est pas vous qui m’avez choisi ; c’est moi qui vous ai choisis et établis afin que vous alliez porter du fruit, et un fruit permanent ; alors tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous l’accordera. 17Ce que je vous ordonne, c’est de vous aimer les uns les autres. » 18« Si le monde vous hait, sachez qu’il m’a haï avant vous. 19Si vous étiez du monde, le monde aimerait ce qui serait à lui. Mais comme vous n’êtes pas du monde, et que je vous en ai retirés par mon choix, le monde vous hait. 20Souvenez-vous de la parole que je vous ai dite : Il n’y a pas de serviteur supérieur à son maître. S’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront vous aussi ; s’ils ont accepté ma parole, ils accepteront aussi la vôtre. 21Mais ils vous feront tout cela à cause de mon nom, parce qu’ils ne connaissent pas celui qui m’a envoyé. 22Si je n’étais pas venu leur parler, ils n’auraient point de péché ; mais en fait, ils n’ont pas d’excuse à leur péché. 23Celui qui me hait, hait aussi mon Père. 24Si je n’avais accompli parmi eux ces œuvres que nul autre n’a faites, ils n’auraient point de péché ; mais en fait, ils les ont vues, et cependant ils nous haïssent, moi et mon Père. 25Mais ainsi devait s’accomplir la parole écrite dans leur loi : Ils m’ont haï sans raison (Ps 34.19 ; Ps 68.5). 26« Quand sera venu le Paraclet que je vous enverrai de la part du Père, l’Esprit de vérité qui vient du Père, il me rendra témoignage ; 27et vous témoignerez, vous aussi, parce que vous êtes avec moi depuis le commencement. »

16 1« Je vous ai dit cela pour vous préserver de toute chute. 2Ils vous chasseront des synagogues ; et l’heure même approche où quiconque vous fera mourir croira rendre un culte à Dieu. 3Ils agiront de la sorte, parce qu’ils n’ont connu ni le Père ni moi. 4Eh bien ! je vous ai dit tout cela pour que, l’heure venue, vous vous souveniez que je vous l’ai dit. Je ne vous en ai pas parlé au début, parce que j’étais avec vous. » 5« Maintenant, je m’en vais auprès de celui qui m’a envoyé, et aucun de vous ne me demande plus : Où vas-tu ? 6Mais, parce que je vous ai ainsi parlé, la tristesse a rempli votre cœur. 7Cependant je vous dis la vérité : il vous est avantageux que je m’en aille ! Si je ne m’en vais pas, le Paraclet ne viendra point à vous ; mais si je m’en vais, je vous l’enverrai. 8Et quand il sera venu, il prouvera les torts du monde en fait de péché, en fait de justice et en fait de jugement : 9en fait de péché, qui consiste à ne pas croire en moi ; 10en fait de justice, parce que je m’en vais auprès du Père, et que vous ne me verrez plus ; 11en fait de jugement, qui consiste en ce que le prince de ce monde est déjà condamné. 12« J’ai encore bien des choses à vous dire ; mais elles ne sont pas à votre portée maintenant. 13Quand le Paraclet, l’Esprit de vérité, sera venu, il vous mènera vers la vérité tout entière. Car il ne parlera pas de son chef, mais vous dira tout ce qu’il entend, et il vous annoncera ce qui doit arriver. 14Il me glorifiera, parce qu’il tirera de mon bien ce qu’il vous communiquera. 15Tout ce que possède le Père est à moi. C’est pourquoi j’ai dit qu’il prendra de mon bien ce qu’il vous communiquera. » 16« Un peu de temps, et vous ne me verrez plus ; puis encore un peu de temps, et vous me reverrez. » 17Là-dessus, quelques-uns de ses disciples se dirent entre eux : « Que veut-il nous dire : Un peu de temps, et vous ne me verrez plus ; puis encore un peu de temps, et vous me reverrez ? et : Je vais auprès du Père ? » 18Ils disaient donc : « Que signifie ce peu de temps ? Nous ne savons ce qu’il veut dire. » 19Jésus vit bien qu’ils avaient envie de l’interroger. Il leur dit donc : « Vous vous demandez ce que j’ai voulu dire par ces mots : Un peu de temps, et vous ne me verrez plus ; puis encore un peu de temps, et vous me reverrez. 20En vérité, en vérité je vous le dis, vous allez pleurer et vous lamenter, tandis que le monde se réjouira. Vous serez dans la tristesse, mais votre tristesse va se changer en joie. 21Lorsqu’une femme est sur le point d’enfanter, elle est dans la souffrance, parce que son heure est venue ; mais à peine a-t-elle donné le jour à l’enfant qu’elle oublie son angoisse, dans la joie de ce qu’un homme est venu au monde. 22Eh bien ! vous aussi, vous voilà dans l’affliction ; mais je vous reverrai, et votre cœur se réjouira, et personne ne pourra vous ôter votre joie. 23En ce jour-là, vous ne m’interrogerez plus sur rien. »« En vérité, en vérité je vous le dis, ce que vous demanderez au Père, il vous le donnera en mon nom. 24Jusqu’à présent, vous n’avez rien demandé en mon nom. Demandez, et vous recevrez, si bien que votre joie sera parfaite. 25Tout cela, je vous l’ai dit en termes figurés. L’heure vient où je ne vous parlerai plus en termes figurés, mais je vous parlerai ouvertement du Père. 26En ce jour-là, vous demanderez en mon nom, et je ne vous dis point que je prierai le Père pour vous ; 27car le Père lui-même vous aime, parce que vous m’avez aimé et que vous avez cru que je suis sorti de Dieu. 28Je suis sorti du Père, et je suis venu dans le monde ; à présent je quitte le monde, et je retourne auprès du Père. » 29Ses disciples lui dirent : « Cette fois-ci tu parles ouvertement, et non plus en langage figuré. 30À présent, nous savons que tu connais toutes choses ; point n’est besoin qu’on t’interroge. Voilà pourquoi nous croyons que tu es sorti de Dieu. » 31Jésus leur répondit : « Vous croyez maintenant ! 32Eh bien ! Voici venir, voici venue l’heure où vous allez vous disperser, chacun de votre côté, et me laisser seul. Mais je ne suis pas seul, car le Père est avec moi. » 33« Je vous ai dit cela pour que vous ayez la paix en moi. Vous aurez à souffrir dans le monde. Mais courage ! j’ai vaincu le monde. » 8Sens probable : l’oeuvre du Saint-Esprit mettra en lumière le péché des hommes qui n’ont pas accepté le Messie, la justice du Père qui glorifie son Fils, et le jugement de condamnation déjà rendu contre Satan, prince de ce monde. 16Beaucoup de manuscrits ajoutent : Parce que je vais auprès du Père.

17 1Ainsi parla Jésus ; puis, levant les yeux au ciel, il dit : « Père, l’heure est venue ! Glorifie ton Fils, afin que ton Fils te glorifie, 2et que, par le pouvoir que tu lui as donné sur toute créature, il donne la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés. 3Or, la vie éternelle consiste en ce qu’ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ. 4Je t’ai glorifié sur la terre : j’ai achevé l’œuvre que tu m’as confiée. 5Et maintenant, toi, Père, glorifie-moi auprès de toi-même en m’accordant cette gloire que j’avais auprès de toi avant que le monde fût créé. » 6« J’ai manifesté ton nom aux hommes que tu m’as donnés du milieu du monde. Ils étaient à toi ; tu me les as donnés, et ils ont gardé ta parole. 7Ils ont maintenant la conviction que tout ce que tu m’as donné, vient de toi. 8Car je leur ai transmis les paroles que tu m’as confiées, et ils les ont reçues. Ils ont vraiment admis que je suis venu de toi, et ils ont cru que c’est toi qui m’as envoyé. 9« Je prie pour eux, mais je ne prie pas pour le monde. Je prie pour ceux que tu m’as donnés, et qui sont à toi. 10Tout ce qui est à moi est à toi, et tout ce qui est à toi est à moi, et je suis glorifié en eux. 11Je ne reste pas dans le monde, mais eux vont rester dans le monde, et moi je vais auprès de toi. Père saint, garde-les dans ton nom, ceux que tu m’as confiés, afin qu’ils soient un comme nous. 12Pendant que j’étais avec eux, je les gardais en ton nom, ceux que tu m’as confiés ; j’ai veillé sur eux, et aucun d’eux ne s’est perdu, sinon le fils de perdition, afin que l’Écriture fût accomplie. 13Mais, à présent, je vais auprès de toi. Je dis tout cela, encore dans le monde, afin qu’ils aient la plénitude de ma joie. 14Je leur ai donné ta parole ; le monde les hait, parce qu’ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde. 15Je ne te prie pas de les enlever du monde, mais de les préserver du Malin. 16Ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde. 17Consacre-les par la vérité ; ta parole est vérité. 18Comme tu m’as envoyé dans le monde, moi aussi, je les ai envoyés dans le monde. 19Je me consacre moi-même pour eux, afin qu’ils soient consacrés à leur tour par la vérité. » 20« Ce n’est pas seulement pour eux que je prie, mais encore pour tous ceux qui croiront en moi, grâce à leur parole : 21que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi ; qu’eux aussi soient un en nous, afin que le monde croie que c’est toi qui m’a envoyé. 22Pour moi, je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, pour qu’ils soient un, comme nous sommes un : 23moi en eux, et toi en moi, pour qu’ils soient parfaitement un, et que le monde admette que c’est toi qui m’as envoyé, et que tu les as aimés, comme tu m’as aimé. 24« Père, je veux que là où je suis, ceux que tu m’as donnés s’y trouvent avec moi, afin qu’ils contemplent ma gloire, la gloire que tu m’as donnée, parce que tu m’as aimé avant la création du monde. 25Père juste, le monde ne t’a pas connu, mais moi, je t’ai connu, et ceux-ci ont reconnu que c’est toi qui m’as envoyé. 26Je leur ai fait connaître ton nom, et je le leur ferai connaître, pour que l’amour dont tu m’as aimé demeure en eux, et que je demeure moi-même en eux. » 11Ceux que tu m’as confiés : selon certains manuscrits. D’autres portent : ton nom que tu m’as donné. 24Ceux que tu m’as donnés : les disciples d’abord, puis tous les croyants.

18 1Ayant ainsi parlé, Jésus sortit avec ses disciples jusqu’au-delà du torrent du Cédron, où il y avait un jardin. Il y entra, ainsi que ses disciples. 2Or Judas, le traître, connaissait l’endroit, parce que Jésus et ses disciples s’y réunissaient souvent. 3Judas prit donc avec lui la cohorte et des gardes dépêchés par les grands prêtres et les pharisiens, et ils survinrent avec des lanternes, des torches et des armes. 4Jésus, conscient de tout ce qui devait lui arriver, s’avança et leur dit : « Qui cherchez-vous ? » 5Ils répondirent : « Jésus de Nazareth. » — « C’est moi », dit-il. (Or Judas, le traître, se trouvait avec eux.) 6Quand Jésus leur dit : « C’est moi », ils reculèrent et tombèrent sur le sol. 7Une seconde fois il demanda : « Qui cherchez-vous ? » Ils dirent : « Jésus de Nazareth. » 8Jésus répondit : « Je vous l’ai dit, c’est moi ; eh bien ! si c’est moi que vous cherchez, laissez aller ceux-ci. » 9Ainsi s’accomplit la parole qu’il avait dite : De tous ceux que vous m’avez confiés, je n’en ai perdu aucun (Jn 17.12). 10Simon-Pierre, qui portait une épée, dégaina, frappa le serviteur du grand prêtre et lui trancha l’oreille droite. (Le serviteur s’appelait Malchus.) 11Mais Jésus dit à Pierre : « Rengaine ton épée ; ne boirai-je pas la coupe que le Père m’a présentée ? » 12Alors la cohorte, le tribun, et les gardes des Juifs se saisirent de Jésus et le garrottèrent. 13Ils l’emmenèrent d’abord chez Anne, car il était beau-père de Caïphe, grand prêtre cette année-là. 14Or, c’est Caïphe qui avait donné ce conseil aux Juifs : « Mieux vaut qu’un seul homme meure à la place du peuple. » 15Simon-Pierre, cependant, accompagné d’un autre disciple, suivait Jésus. Ce disciple, qui était connu du grand prêtre, s’introduisit avec Jésus dans la cour du grand prêtre, 16tandis que Pierre restait dehors, près de la porte. Mais cet autre disciple, celui qui était connu du grand prêtre, sortit et dit un mot à la concierge, qui laissa Pierre entrer. 17Et la concierge dit à Pierre : « N’es-tu pas aussi un des disciples de cet homme ? » — « Non, dit-il, je n’en suis pas. » 18Il faisait froid : les domestiques et les gardes avaient allumé un brasier et s’y chauffaient. Pierre aussi, debout avec eux, se chauffait. 19Or, le grand prêtre interrogea Jésus sur ses disciples et sur sa doctrine. 20Jésus répondit : « J’ai parlé au monde en public ; j’ai enseigné dans la synagogue et dans le temple où tous les Juifs se rassemblent. Je n’ai rien dit en secret. 21Pourquoi m’interroger ? Demande ce que je leur ai dit, à ceux qui m’ont entendu ; ils savent fort bien ce que j’ai dit. » 22À ces mots, un des gardes qui était à côté de lui, gifla Jésus en disant : « C’est ainsi que tu réponds au grand prêtre ? » 23Jésus lui répondit : « Si j’ai mal parlé, prouve-le ; si j’ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu ? » 24Anne l’envoya alors, toujours ligoté, au grand prêtre Caïphe. 25Simon-Pierre était donc en train de se chauffer. On lui dit : « N’es-tu pas, toi aussi, de ses disciples ? » Il le nia et dit : « Non, je n’en suis pas. » 26Un des domestiques du grand prêtre, parent de celui dont Pierre avait tranché l’oreille, ajouta : « Mais, ne t’ai-je pas vu avec lui dans le jardin ? » 27Pierre le nia cette fois encore. Aussitôt le coq chanta. 28De chez Caïphe, on mène alors Jésus au prétoire : c’était le matin. Mais les Juifs n’entrèrent pas eux-mêmes dans le prétoire, pour ne pas contracter souillure et pouvoir ainsi manger la Pâque. 29En conséquence, Pilate sortit vers eux et leur dit : « Quelle accusation portez-vous contre cet homme ? » 30Ils lui répondirent : « Si ce n’était pas un malfaiteur, nous ne te l’aurions pas livré. » — 31« Chargez-vous-en, dit alors Pilate, et jugez-le vous-mêmes selon votre loi. » Les Juifs lui dirent : « Nous n’avons le droit de mettre à mort personne. » 32Ainsi s’accomplissait la parole par laquelle Jésus avait indiqué de quelle mort il devait mourir. 33Pilate rentra dans le prétoire, appela Jésus et lui dit : « Tu es le roi des Juifs ? » 34Jésus répondit : « Dis-tu cela de ton propre mouvement, ou bien d’autres te l’ont-ils dit de moi ? » 35Pilate dit : « Suis-je Juif moi ? Ton peuple et ses grands prêtres te livrent à moi : qu’as-tu fait ? » 36Jésus répondit : « Ma royauté n’est pas de ce monde ; si ma royauté était de ce monde, mes gens se seraient battus pour qu’on ne me livre pas aux Juifs ; mais voilà, ma royauté ne vient pas d’ici. » 37Pilate lui dit alors : « Donc tu es roi ? » — « Oui, répondit Jésus, je suis roi. C’est pour rendre témoignage à la vérité que je suis né et que je suis venu dans le monde. Tous ceux qui sont de la vérité écoutent ma voix. » 38Pilate lui dit : « Qu’est-ce que la vérité ? » Cela dit, il sortit à nouveau pour aller vers les Juifs. Il leur dit : « Je ne trouve aucun motif de le condamner. 39Mais c’est la coutume que je vous relâche un prisonnier à l’occasion de la Pâque. Eh bien ! voulez-vous que je vous relâche le roi des Juifs ? » 40Tous de s’écrier au contraire : « Non ! pas lui ! mais Barabbas ! » (Barabbas était un brigand.) 14Cf. Jn 11.50. 15Cet autre disciple est souvent identifié avec l’évangéliste (cf. Jn 13.23 et note). 28Prétoire : la résidence officielle du gouverneur romain, où il rendait la justice. Les Juifs ne pouvaient y entrer sans contracter de souillure légale, car c’était un édifice païen. 31Le droit : voir Mt 27.2 et note. 32Voir Jn 3.14 ; Jn 12.32-33. 37Oui : voir note en Lc 22.70 37La vérité à laquelle Jésus est venu rendre témoignage, c’est la fidélité de Dieu à ses promesses en même temps que la révélation de son dessein de salut.

19 1Pilate fit alors flageller Jésus. 2Les soldats tressèrent une couronne d’épines qu’ils lui posèrent sur la tête ; ils le revêtirent d’un manteau pourpre. 3Puis, s’avançant vers lui, ils disaient : « Salut, roi des Juifs ! » et ils lui donnaient des soufflets. 4Pilate sortit une fois encore et leur dit : « Voilà. Je vous l’amène dehors, pour que vous sachiez que je ne découvre aucun motif de le condamner. » 5Jésus sortit donc, portant la couronne d’épines et le manteau pourpre. Pilate leur dit : « Voici l’homme ! » 6À sa vue, les grands prêtres et les gardes de s’écrier : « Crucifie-le, crucifie-le ! » Pilate leur dit : « Chargez-vous-en vous-mêmes, car pour moi, je ne trouve pas de quoi le condamner. » 7Les Juifs répondirent : « Nous avons une loi. Selon cette loi, il doit mourir, parce qu’il se fait passer pour Fils de Dieu. » 8Ces paroles mirent Pilate en émoi. 9Il rentra au prétoire et dit à Jésus : « D’où es-tu ? » Mais Jésus ne lui donna point de réponse. 10Pilate lui dit donc : « Tu ne me réponds pas ? Tu ne sais pas que j’ai le pouvoir de te libérer, aussi bien que de te crucifier ? » 11Jésus répondit : « Tu n’aurais sur moi aucun pouvoir s’il ne t’avait été donné d’en haut. Aussi celui qui m’a livré à toi en porte-t-il une plus grande faute. » 12Dès lors Pilate cherchait à le libérer ; mais les Juifs s’écrièrent : « Si tu l’acquittes, tu n’es point un ami de l’empereur ; quiconque se prétend roi s’oppose à l’empereur. » 13Ayant entendu ces paroles. Pilate fit sortir Jésus et prit place au tribunal au lieu dit Le Dallage, en hébreu Gabbatha. 14(C’était la Préparation de la Pâque, vers la sixième heure.) Pilate dit aux Juifs : « Voici votre roi. » 15Mais eux de vociférer : « À mort ! À mort ! Crucifie-le ! » Pilate : « Crucifierai-je votre roi ? » Les grands prêtres : « Nous n’avons de roi que César ! » 16Alors il le leur abandonna pour être crucifié.Ils emmenèrent donc Jésus. 17Portant lui-même sa croix, il partit en direction du lieu dit Calvaire, en hébreu Golgotha. 18C’est là qu’ils le crucifièrent, et deux autres avec lui, de part et d’autre, et Jésus au milieu. 19Pilate avait fait rédiger un écriteau qu’on fixa au-dessus de la croix ; il était ainsi libellé : « Jésus de Nazareth, roi des Juifs. » 20Beaucoup de Juifs lurent cet écriteau, car l’endroit où Jésus fut crucifié était voisin de la ville, et l’inscription était rédigée en hébreu, en latin et en grec. 21Les grands prêtres des Juifs dirent donc à Pilate : « N’écris pas : Le roi des Juifs ; mais plutôt : Cet homme se prétend le roi des Juifs. » 22Pilate répondit : « Ce que j’ai écrit, je l’ai écrit. » 23Quand les soldats eurent crucifié Jésus, ils prirent ses vêtements et en firent quatre parts, une pour chacun d’eux. Quant à la tunique, elle était sans couture, tout entière d’un seul tissu de haut en bas. 24Ils se dirent donc entre eux : « Au lieu de la déchirer, tirons au sort à qui l’aura. » Ainsi s’accomplissait l’Écriture : Ils se sont partagé mes vêtements et ils ont tiré ma robe au sort (Ps 21.19). C’est ce que firent les soldats. 25Auprès de la croix de Jésus, se tenaient sa mère, la sœur de sa mère, Marie, femme de Clopas, et Marie de Magdala. 26Jésus, voyant sa mère et, auprès d’elle, le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : « Femme, voilà ton fils. » 27Ensuite au disciple : « Voilà ta mère. » À partir de ce moment, le disciple la prit chez lui. 28Ensuite, sachant que tout était déjà consommé, et afin que fût pleinement accomplie l’Écriture, Jésus dit : « J’ai soif. » 29Il y avait là un vase rempli de vinaigre. Les soldats emplirent donc de vinaigre une éponge qu’ils fixèrent à une tige d’hysope ; ils l’approchèrent de sa bouche. 30Quand Jésus eut pris le vinaigre, il dit : « Tout est accompli. » Il baissa la tête, et rendit l’esprit. 31Les Juifs craignirent que les corps ne restassent sur la croix durant le sabbat, car c’était la Préparation, et ce sabbat était particulièrement solennel. Ils demandèrent donc à Pilate qu’on leur brisât les jambes et qu’on enlevât les corps. 32Des soldats vinrent, et rompirent les jambes au premier, puis à l’autre qui était crucifié avec lui. 33Ensuite ils s’approchèrent de Jésus. Le voyant déjà mort, ils ne lui rompirent pas les jambes, 34mais de sa lance, un des soldats lui perça le côté, et il en sortit du sang et de l’eau. 35Celui qui l’a vu en témoigne (et son témoignage est digne de foi, et il sait qu’il dit la vérité) afin que vous croyiez. 36Ainsi s’accomplissait l’Écriture : Aucun de ses os ne sera brisé (Ex 12.46). 37Et l’Écriture dit encore ailleurs : Ils regarderont celui qu’ils ont transpercé (Zac 12.10). 38Après cela, Joseph d’Arimathie, qui était disciple de Jésus, mais en secret par crainte des Juifs, sollicita de Pilate l’autorisation d’enlever le corps de Jésus. Pilate y consentit. Il vint donc enlever le corps, 39accompagné de Nicodème (celui qui était venu précédemment trouver Jésus de nuit), qui apportait une composition de myrrhe et d’aloès d’environ cent livres. 40Ils prirent le corps de Jésus et l’enveloppèrent de bandelettes avec les aromates, suivant la manière juive d’ensevelir. 41À l’endroit de la crucifixion il y avait un jardin, et dans ce jardin un tombeau neuf, où l’on n’avait encore mis personne. 42C’est là qu’ils déposèrent Jésus, en raison de la Préparation des Juifs et de la proximité du tombeau. 9D’où es-tu ? ne signifie pas : Quel est ton village natal ? mais : Quel est ton père ? as-tu une origine surnaturelle ? Comparer Jn 7.27-28. 14La Préparation : voir Lc 23.54 et note. 17Comme l’hébreu Golgotha, ce mot signifie : crâne. 26Le disciple qu’il aimait : voir note à Jn 13.23. 28J’ai soif : allusion à Ps 68.22. 31Le sabbat coïncidait, cette année-là, avec la fête de Pâque. La Loi de Moïse prescrivait que les cadavres devaient être inhumés avant le coucher du soleil (voir Dt 21.22-23). 34Le sang qui est la vie donnée par le sacrifice et l’eau qui symbolise l’Esprit donné aux croyants. 36Ce texte de l’Exode concerne l’agneau pascal.

20 1Le premier jour qui suivait le sabbat, de grand matin, lorsqu’il faisait encore noir, Marie de Magdala se rendit au sépulcre ; elle vit la pierre enlevée du tombeau. 2Elle court donc auprès de Simon-Pierre et de l’autre disciple que Jésus aimait et leur dit : « On a enlevé du tombeau le Seigneur, et nous ne savons pas où on l’a mis ! » 3Pierre partit avec l’autre disciple, et ils se rendirent au tombeau. 4Ils couraient tous les deux, mais l’autre disciple, plus rapide que Pierre, prit les devants et arriva le premier au tombeau. 5Il se pencha, vit les linges posés là, mais il n’entra pas. 6Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour ; il entre dans le caveau, voit les linges posés là, 7ainsi que le suaire qui avait couvert la tête de Jésus, non pas avec les linges, mais enroulé à part à une autre place. 8Alors, l’autre disciple, arrivé le premier, s’introduisit à son tour dans le tombeau. Il vit et il crut. 9En effet ils n’avaient pas encore compris, d’après l’Écriture, qu’il devait ressusciter des morts. 10Puis les disciples s’en retournèrent chez eux. 11Cependant Marie se tenait dehors, près du tombeau, et pleurait. Tout en pleurant, elle se pencha pour regarder dans le tombeau ; 12elle aperçut alors deux anges vêtus de blanc, assis à l’endroit où avait reposé le corps de Jésus, l’un à la tête, l’autre aux pieds. 13« Femme, lui dirent-ils, pourquoi pleures-tu ? » — « Parce qu’on a enlevé mon Seigneur, leur dit-elle, et je ne sais où on l’a mis. » 14À ces mots, elle se retourna et aperçut Jésus debout, mais sans le reconnaître. 15« Femme, lui dit Jésus, pourquoi pleures-tu ? qui cherches-tu ? » S’imaginant que c’était le jardinier, elle lui dit : « Si c’est toi qui l’as enlevé, dis-moi où tu l’as mis, et j’irai le prendre. » 16Jésus lui dit : « Marie ! » Elle se retourna et lui dit en hébreu : « Rabbouni ! » (C’est-à-dire Maître). 17Jésus lui dit : « Ne me retiens pas, car je ne suis pas encore monté vers le Père ; va plutôt trouver mes frères et dis-leur : Je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. » 18Marie de Magdala courut donc annoncer aux disciples : « J’ai vu le Seigneur, et voici ce qu’il m’a dit … » 19Le soir du même jour, le premier de la semaine, les disciples avaient, par crainte des Juifs, fermé les portes de l’endroit où ils se tenaient. Or, Jésus vint, et se trouva au milieu d’eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! » 20Ce disant, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent tout heureux de revoir le Seigneur. 21Jésus leur dit donc une fois encore : « La paix soit avec vous ! Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie. » 22À ces mots, il souffla sur eux : « Recevez le Saint-Esprit, leur dit-il. 23Seront remis les péchés de ceux à qui vous les remettrez ; seront retenus les péchés de ceux à qui vous les retiendrez. » 24Thomas, surnommé Didyme, l’un des Douze, n’était pas avec eux lorsque Jésus vint. 25Les autres disciples lui dirent donc : « Nous avons vu le Seigneur. » Mais il leur dit : « Si je ne vois dans ses mains la marque des clous, si je n’introduis mon doigt à la place des clous et ma main dans son côté, je ne croirai pas. » 26Huit jours après, les disciples étaient à nouveau dans le même lieu, et Thomas était avec eux. Voilà que, portes closes, Jésus vient au milieu d’eux. « La paix soit avec vous », leur dit-il. 27Puis à Thomas : « Avance ici ton doigt et vois mes mains ; mets la main dans mon côté et ne sois pas sceptique, mais crois. » 28Thomas lui répondit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » 29Jésus lui dit : « Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu ! » 30Sous les yeux de ses disciples, Jésus a fait beaucoup d’autres miracles qui ne sont pas consignés dans ce livre. 31Ceux-ci l’ont été pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et qu’en croyant, vous ayez la vie en son nom. 2Le disciple que Jésus aimait : voir note à Jn 13.23. 17Le Christ ressuscité n’aura plus avec les siens la même familiarité qu’avant sa mort.

21 1Après cela, Jésus apparut encore aux disciples sur le rivage du lac de Tibériade. Voici comment : 2« Simon-Pierre, Thomas (surnommé Didyme), Nathanaël, (celui de Cana en Galilée), les fils de Zébédée et deux autres de ses disciples étaient ensemble. 3« Je vais pêcher », leur dit Simon-Pierre. Ils lui répondirent : « Nous allons avec toi. » Ils sortirent et montèrent en barque. Mais cette nuit-là, ils ne prirent rien. 4Au lever du jour, voici que Jésus se trouvait sur le rivage ; mais les disciples ne se rendaient pas compte que c’était lui. 5Jésus leur dit : « Mes amis, n’avez-vous rien à manger ? » — « Non », répondirent-ils. 6Mais il leur dit : « Jetez le filet à droite de la barque, et vous trouverez. » Ils le firent et ne parvinrent pas à le retirer tant était grande l’abondance du poisson. 7Alors le disciple que Jésus aimait dit à Pierre : « C’est le Seigneur ! » Simon-Pierre, entendant que c’était le Seigneur, passa son vêtement (car il s’était dévêtu) et sauta dans l’eau. 8Les autres disciples arrivèrent avec la barque en halant le filet de poissons. (Ils n’étaient guère éloignés du rivage que de deux cents coudées.) 9Descendus à terre, ils aperçoivent là un feu de braise, du poisson posé dessus et du pain. 10Jésus leur dit : « Apportez de ces poissons que vous venez de prendre. » 11Simon-Pierre monta dans la barque, tira sur le sol le filet qui se trouvait plein de cent cinquante-trois gros poissons. Et quoiqu’il y en eût tant, le filet ne s’était pas rompu. 12Jésus leur dit : « Venez déjeuner. » Aucun des disciples n’osait lui demander : « Qui es-tu ? » car ils savaient bien que c’était le Seigneur. 13Jésus s’approcha, prit le pain et le leur donna, ainsi que le poisson. 14C’était déjà la troisième fois que Jésus apparaissait à ses disciples depuis sa résurrection. 15Quand ils eurent déjeuné, Jésus dit à Simon-Pierre : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu plus que ceux-ci ? » Il répondit : « Oui, Seigneur, tu sais bien que je t’aime. » Jésus lui dit : « Pais mes agneaux. » 16Il lui dit une seconde fois : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ? » Il lui répondit : « Oui, Seigneur, tu sais bien que je t’aime. » Jésus lui dit : « Pais mes brebis. » 17Une troisième fois il lui dit : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ? » Pierre, tout attristé de ce que Jésus lui eût dit une troisième fois : « M’aimes-tu », lui répondit : « Seigneur, tu sais tout ; tu sais bien que je t’aime. » Jésus lui dit : « Pais mes brebis. 18En vérité, en vérité je te le dis, quand tu étais jeune, tu te ceignais toi-même, et tu circulais où tu voulais. Quand tu seras devenu vieux, tu étendras les mains, et un autre te ceindra et te conduira où tu ne veux pas. » 19Il faisait, par ces paroles, allusion au genre de mort dont il devait glorifier Dieu. Après avoir ainsi parlé, il ajouta : « Suis-moi. » 20Pierre, en se retournant, vit que le disciple que Jésus aimait les suivait. C’était celui qui pendant la cène, s’était penché sur la poitrine de Jésus et lui avait dit : « Seigneur, qui est-ce qui va te trahir ? » 21En le voyant, Pierre dit donc à Jésus : « Seigneur, et lui ? » 22Jésus lui dit : « Si je voulais qu’il reste jusqu’à mon retour, que t’importe ? Toi, suis-moi. » 23Ainsi courut parmi les frères le bruit que ce disciple ne devait pas mourir. Cependant Jésus n’avait pas dit : « Il ne mourra pas », mais : « Si je voulais qu’il reste jusqu’à mon retour, que t’importe ? » 24C’est ce disciple qui atteste tout cela et l’a mis par écrit ; et nous savons que son témoignage est digne de foi. 25Jésus a fait bien d’autres choses encore. Si on les relatait par le détail, je ne crois pas que le monde lui-même, pourrait contenir les livres qu’il en faudrait écrire.

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